Grecs et Portugais descendent dans la rue contre la rigueur
Rédaction en ligne
samedi 11 février 2012, 13:29
2000 personnes à Athènes pour le deuxième jour d’affilée, des centaines de manifestant rejoignant Lisbonne, un appel à la mobilisation générale en Espagne, les Européens se réunissent pour dénoncer les politiques de rigueur budgétaire.
©AP
Environ 2.000 personnes, selon la police, ont commencé à se rassembler samedi dans le centre d’Athènes pour la seconde journée consécutive de manifestions auxquelles ont appelé les principaux syndicats grecs contre le nouveau plan de rigueur exigé par les créanciers du pays.
« A bas le chantage de la Troïka », « Ils ruinent nos vies », proclamaient des banderoles de manifestants fermement encadrés par plus de 2.000 policiers qui ont bouclé le centre-ville.
Vendredi, environ 7.000 personnes ont participé à une première vague de manifestations dans la capitale grecque. Des incidents se sont produits entre quelques groupes de manifestants qui ont lancé des pierres et des cocktails Molotov contre la police, laquelle a riposté en tirant des gaz lacrymogènes.
De nouveaux rassemblements doivent avoir lieu dimanche en fin de journée alors que les députés seront réunis au parlement pour voter le principe du nouveau plan de rigueur sans lequel la Grèce ne se verra accorder aucune aide supplémentaire de ses créanciers et risque la faillite fin mars.
Portugais et Espagnols descendent aussi dans les rues
Même scénario et même contexte à Lisbonne où se dirigent des centaines de personnes afin de participer à une manifestation nationale pour protester contre les mesures d’austérité prévues dans le plan d’aide international accordé au Portugal, selon les syndicats.
« La situation est trop dure pour ceux qui ont travaillé et ceux qui veulent travailler », a lancé une quinquagénaire à la télévision Sic Noticias.
Cette journée d’action intervient à quelques jours de la troisième mission trimestrielle de la Troïka (UE, BCE et FMI) représentant les créanciers du Portugal chargés d’évaluer la mise en oeuvre du plan d’aide financière accordé à ce pays.
Troisième pays de la zone euro à faire appel à un plan de sauvetage international, après la Grèce et l’Irlande, le Portugal a obtenu en mai dernier un prêt de 78 milliards d’euros de l’Union européenne et du Fonds monétaire international. En contrepartie, Lisbonne s’est engagé à mettre en oeuvre un exigeant programme de rigueur et de réformes sur trois ans, visant à assainir ses finances publiques et à augmenter la compétitivité de son économie. Cette cure de rigueur devrait provoquer cette année une récession de 3 % du PIB.
Les deux principaux syndicats espagnols, UGT et CCOO, ont eux aussi appelé samedi à la mobilisation générale et à manifester dans tout le pays le 19 février contre la réforme du travail, estimant qu’elle « va détruire des emplois » et non en créer.
Le gouvernement espagnol a adopté une nouvelle réforme du marché du travail, incluant la baisse des indemnités de licenciement et des mesures pour stimuler l’emploi des jeunes, alors que le pays souffre d’un taux de chômage record de plus de 22 % de la population active et de près de 50 % pour les jeunes.
« L’objectif est d’arrêter l’hémorragie du chômage », avait affirmé la ministre de l’Emploi Fatima Banez. Cette réforme « va détruire des emplois à court terme et augmenter la précarité à moyen terme » et « va augmenter la frustration de la population » déjà touchée par plusieurs plans de rigueur, a répondu le syndicaliste Candido Mendez. La réforme prévoit notamment une réduction des indemnités de licenciement de 45 jours de salaires par année travaillée à 33 jours, voire 20 en cas de licenciement économique dans certaines conditions.
Vos réactions
Voir toutes les réactions| Signaler un abus | Message constructif ? |
OUI 0 0 NON | |
|
|||
Au fond, ce serait bien que la Grèce refuse les mesures d'austérité et quitte l'Euro. Ainsi tout le monde verrait le résultat: la Grèce sombrerait dans une misère bien plus grave que la petite cure d'austérité qu'on veut actuellement lui imposer et dont les inconscients ne veulent pas voir la nécessité. Ce n'est pas très différent chez nous.
| Signaler un abus | Message constructif ? |
OUI 5 17 NON | |
|
|||
L'austérité à tout crin est le mauvais remède.Ici aussi la dose fait le poison. Comment voulez vous relancer la consomation et l'économie avec des peuples fauchés , insécurisés et neurasthéniques ? J'étais un pro-européens convaincu et probablement bien naïf mais je suis obligé d'admettre que je ne reconnais plus ce à quoi je croyais tant.
| Signaler un abus | Message constructif ? |
OUI 13 5 NON | |
|
|||
Les malheureux Grecs ont raison. L'Union européenne ultra-libérale et ses complices de la banque internationale exercent une véritable dictature. Mais celle-ci ne tombera pas toute seule. Qui aura le courage et l'énergie nécessaires pour l'y aider, avant que quelque commissaire ne traverse Bruxelles pour venir imposer à notre gouvernement un salaire minimum à 600 euros?
| Signaler un abus | Message constructif ? |
OUI 1 0 NON | |
|
|||
Il ne faut pas condamner l'idée de base de l'Europe, mais refuser ce que d'aucun en ont fait càd une succursale du néo-libéralisme - dans son sens le plus péjoratif- pour qui l'être humain n'est qu'un moyen de production à rentabiliser au maximum pour le profit de quelques-uns.
| Signaler un abus | Message constructif ? |
OUI 10 5 NON | |
|
|||
















Qu'attendons-nous pour prendre conscience que l'Europe n'est dirigées que par les lobbies et par les politiques qui sont à leur botte?