Olli Rehn : « La Belgique doit améliorer sa compétitivité »

Rédaction en ligne

samedi 25 février 2012, 09:41

Olli Rehn, commissaire européen de l'économie et des affaires monétaires, n'est pas connu du public. Pourtant, son rôle est central dans la résolution de la crise économique qui secoue l'Europe. Entretien par Béatrice Delvaux.

« Qui connaît Olli Rehn ? Qui a jamais vu son visage ? » En le désignant au petit matin sur une radio à la population belge, Paul Magnette, ministre socialiste du gouvernement Di Rupo a presque rendu célèbre cet homme de 59 ans, finlandais, et dont Herman Van Rompuy dit qu'il n'a de comique que son prénom.

Qu'avait donc fait cet Olli Rehn pour mériter pareille crucifixion ? Etre commissaire européen de l'économie et des affaires monétaires d'une Europe dont Paul Magnette jugeait qu'elle était trop intervenante dans les affaires belges, trop libérale et manquait de légitimité démocratique. La Commission venait quelques jours plus tôt de sommer la Belgique d'améliorer son budget, jugé insuffisamment crédible pour tenir le choc face aux impératifs européens et des marchés. Le tollé, les vivats : les uns criaient au populisme d'une critique facile de la méchante Europe alors que la Commission ne fait qu'appliquer ce que les Etats membres dont la Belgique ont décidé ; les autres saluaient celui qui osait défier une Europe talibanesque, trop acquise à l'austérité et pas assez à la croissance.

Mais au fond, qui donc est cet Olli Rehn ? Nous l'avions contacté : allait-il montrer aux Belges son visage et expliquer si sa mission était autre chose que de surveiller le gouvernement belge ?

Lorsqu'il nous reçoit ce jeudi, le commissaire Olli-Qui ?-Rehn s'excuse de nous avoir fait attendre, mais la crise grecque a pris du temps, en même temps que les suivis espagnol, portugais, français, hongrois… : son agenda déborde pour cause d'Europe en crise. Ces derniers jours encore les nuits blanches se sont succédées.

Il nous montre fièrement son bureau, choisi spécifiquement, insiste-t-il, parce qu'il lui offre une vue panoramique sur le nord de Bruxelles. « Vous voyez l'Atomium ? », nous dit-il dans un français hésitant mais chaleureux. Olli Rehn connaît en effet très bien notre pays, pour y vivre depuis quasiment 15 ans sans interruption. Cet économiste discret et simple va s'employer durant tout l'entretien, à nous dire son affection pour Bruxelles, sa (re) connaissance de nos spécificités car étant finlandais, il est lui aussi, bilingue.

Les propos de Paul Magnette vous ont choqué ?

« Dans un monde démocratique et quand on a, comme moi, un poste à responsabilités, nous devons faire face à la critique. Mais je suis toujours prêt à avoir un dialogue politique avec différentes forces démocratiques. »

Les propositions budgétaires du gouvernement belge vous satisfont ?

« Je veux tout d'abord les féliciter pour avoir réalisé un budget en accord avec le pacte de stabilité après une si longue crise politique. Comme européen très engagé et en tant que personne qui vit en Belgique et éprouve un sentiment très fort pour ce pays, il était très important que ce pays ait un gouvernement. Je sais que le conclave budgétaire va démarrer début mars, c'est très important évidemment qu'il assure que le pays suive une orientation soutenable pour la politique budgétaire. »

Vous avez confiance, ce sera le cas ?

« A mon avis, ils travaillent pour avoir un succès dans ce conclave. Il y aura évidemment des débats intenses, ce qui est normal en démocratie et nous travaillons de près ensemble avec le gouvernement et l'administration belges, pas seulement ex post mais aussi durant le processus. Même si évidemment la responsabilité appartient au gouvernement et au Parlement belge. Je suis raisonnablement optimiste que le conclave budgétaire mènera à des résultats qui assureront le respect de la soutenabilité des finances publiques pour la Belgique. »

En Belgique, il y a un débat très chaud mené quasi en votre nom autour de l'indexation. Vous voulez vraiment la voir disparaître ?

« La question cruciale est comment la Belgique, comme les autres pays membres, peut améliorer sa compétitivité et ainsi créer plus d'emploi. Elle doit y arriver, certainement dans une économie aussi ouverte que la vôtre, mais sur la manière d'y arriver, c'est à la Belgique de décider. Ce que nous recommandons est que le système de formation des salaires tienne davantage compte de cet objectif. Le Conseil européen a littéralement dit (il prend un papier et lit) qu'il « recommande une réforme du système de formation des salaires, après accord avec les partenaires sociaux, (.) de manière à ce que ce mécanisme reflète mieux la productivité du travail et la compétitivité. » C'est quand même très bien, très modérément et prudemment phrasé, non ? Je suis le débat belge. Je leur souhaite du succès ».

Lire l'interview complète dans Le Soir.

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[61] Guyvds dit le 28/02/2012, 00:26

Ps et CDh diront que Olli Rehn n'en sait rien.

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[60] Bubblefroggy dit le 27/02/2012, 20:27

Et si les nazis dirigeaient l'Union Européenne, comment s'y prendraient-ils? Ca ne pourrait véritablement être pire. Mis à part qu'ils feraient crever les gens dans des camps au lieu de les jeter à la rue. Cette gouvernance de l'UE est une véritable catastrophe. Il est temps d'arrêter ce massacre. Envoyer paître Olli Rhen et sa clique 'démocratique' serait un bon commencement. Revenir sérieusement à des mesures protectionnistes et des solidarités intelligentes serait le second pas à entreprendre. On ne peut pas lutter en terme de productivité avec des 'économies' se basant sur l'esclavagisme. Il faut arrêter ce cirque. Les USA sont les premiers apôtres du 'libre marché' et ne fonctionnent dans leur propre intérêt qu'à coup de mesures protectionnistes... Le fonctionnement de cette UE n'a pour logique que de 'casser' les peuples et les rouages démocratiques, installés au cours du 20è siècle. On se réveille! On vire ces ploucs!

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[59] Labrador dit le 27/02/2012, 01:51

Il est pratiquement impossible d'améliorer notre productivité / compétitivité dans le contexte actuel. Cela fait bien 10 ans que le libéralisme n'a plus cours (sauf dans la langue de bois entre "partenaires"). Comme on dit aux Etats-Unis aujourd'hui "We are all state capitalists". Les plus grandes entreprises des deux premières puissances mondiales sont des monopoles qui maximisent les rendements d'échelle et s'appuient sur leurs Etats pour conquérir des marchés et s'approprier des ressources naturelles. La physiocratie règne. L'Europe ne l'a pas compris et en souffre. Elle ouvre son marché intérieur à tous vents, cède ses entreprises avec leur savoir métier et leurs réseaux de clientèle, dévalue l'euro dans la foulée du dollar pour faire plaisir à Wall Street, mais au détriment du pouvoir d'achat des épargnants et au risque d'une fuite des capitaux locaux. A travers la dette publique, nos Etats sont totalement à la merci de la zone dollar. Il y a un déficit de gouvernance économique.

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[58] smiling dit le 26/02/2012, 21:51

@[53] tamraf Oui augmenter la productivité on peut être d'accord, augmenter la compétitivité (en diminuant les salaires) c'est autre chose.

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[57] Un parmi d'autres dit le 26/02/2012, 19:16

@ VII Spéculateur. La Suède est tellement un modèle que le premier ministre de ce pays propose de faire de 75 l'âge de la pension de retraite. Comme quoi le libéralisme n'épargnera pas non plus les bons élèves suédois. Les mêmes politiques libérales auront les mêmes effets destructeurs sur les Suédois que sur les Grecs ou les Belges...

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