EXCLUSIF Dans une interview au « Soir », Valéry Giscard d’Estaing laisse entendre qu’il pourrait être candidat à la future présidence de l’Union européenne, instituée par le traité de Lisbonne. L’ancien président français est ce jeudi à Bruxelles. .
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t si c’était lui, le premier président de l’Europe ? Valéry Giscard d’Estaing n’exclut rien ! A 82 ans, l’ancien président français plaide pour un
« grand installateur »
qui fixerait les règles et le climat. Un
« homme d’expérience »
dont le portrait-robot lui ressemble étrangement…
Vous êtes ce jeudi à Bruxelles, où vous êtes reçu à l’Académie royale de Belgique en qualité d’« associé », c’est-à-dire de membre étranger…
Ce sera un grand plaisir et un grand honneur de participer à la vie de cette Académie. Parce que l’Europe, ce ne sont pas seulement des relations entre Etats. Ce sont aussi des rapports entre des personnes, des associations, des institutions importantes comme cette Académie…
Le traité de Lisbonne entrera bientôt en application. C’est un recul par rapport au traité constitutionnel ?
Toute la partie institutionnelle est identique, au mot près. Mais il est difficile de parler de traité simplifié, tant il est devenu illisible. Cela a une importance psychologique pour les Européens. Ils avaient souvent l’impression que l’Europe se faisait sans eux, ou malgré eux. Cela ne va pas améliorer leur sentiment.
De ce point de vue, le fait d’avoir gommé tous les symboles de l’Union est significatif ?
C’est un recul regrettable. Imaginez qu’en France on renonce à
La Marseillaise, et en Grande-Bretagne au God save the Queen. C’est la même chose à l’échelle européenne. L’Europe, c’est une population de 500 millions d’habitants à la recherche d’éléments d’unité. Alors pourquoi lui retirer son drapeau, son hymne ? C’est tout à fait négatif. J’espère que ceci amènera à une réflexion : on ne peut pas poursuivre l’intégration avec des gens qui ne la souhaitent pas. C’est un paradoxe historique. Pour des raisons qui leur sont propres et que je respecte, certains pays ne souhaitent pas cette intégration européenne. Ils n’utilisent pas la monnaie européenne, ils n’appartiennent pas à l’espace Schengen, ils ne reconnaissent pas la valeur juridique de la Charte des droits fondamentaux : cela les place en situation d’exception.
Maintenant que ce traité va entrer en application, l’Europe va pouvoir sortir de l’ornière ?
Oui. Je suis peu qualifié pour parler du « non » néerlandais, mais s’agissant du « non » français, son interprétation a reposé sur un malentendu. Une grande partie de ceux qui ont voté « non » ne se sont pas exprimés sur le texte du traité constitutionnel. Ils ont dit « non » au pouvoir en place qui était impopulaire. Ils ont voté « non » parce qu’ils étaient hostiles à un élargissement trop rapide (notamment à la Turquie) ou parce qu’ils avaient peur des délocalisations. Les circonstances ont changé : les responsables politiques ne sont plus les mêmes ; on a compris que les délocalisations s’expliquaient d’abord par un problème de compétitivité, et les perspectives d’élargissement sont beaucoup plus prudentes…
Vous plaidez pour une pause ?
C’est indispensable. Au moment de la création de l’Europe, dans les années 50, les esprits étaient encore ancrés dans une culture nationale. Puis, cela a évolué. Mais dans la période récente, cet esprit européen a commencé à reculer, car le grand objectif de la paix en Europe paraissait désormais acquis. L’opinion ne parvient plus à distinguer entre les compétences européennes et les compétences nationales. C’est l’affaire d’une génération. Pendant cette période, on ne peut pas ajouter encore l’effort supplémentaire d’un nouvel élargissement.
Mais élargir l’Europe, dont le poids démographique est de plus en plus faible à l’échelle mondiale, ne lui donnerait-elle pas plus d’influence ?
Je ne le crois pas, parce que cette Europe-là serait trop hétérogène et trop affaiblie économiquement…
Dans cette pause, vous incluez la Turquie ? Il faut arrêter de négocier avec elle ?
Il ne faut pas arrêter de négocier avec elle, mais il faut le faire comme les Etats-Unis négocient avec le Mexique. C’est-à-dire entre voisins. Mais pas en vue d’une adhésion. Négocier pour instaurer un système de rapports mutuellement satisfaisant.
Ces nouvelles institutions, il faudra des hommes pour les faire vivre. Quel est le portrait-robot idéal du nouveau président ?
Ce qui me préoccupe d’abord, c’est qu’il n’apparaît en ce moment aucun souci de préparation ! Or il s’agit tout de même d’un évènement historique ! Pour la première fois de notre longue histoire, un homme ou une femme pourra se dire président du Conseil européen. C’est un événement formidable ! Mais on n’y réfléchit peu, on ne prépare rien, il y a simplement quelques intrigues à l’intérieur du milieu pour tester des noms. Il faudrait tout de même que ce processus de désignation ressemble à un processus démocratique. Que des hommes et des femmes puissent présenter leur candidature, expliquer leur programme, etc. Dans un premier temps, on devrait travailler à donner un cadre à cette désignation. Cela pourrait se faire avant les élections européennes de l’année prochaine. Ensuite, trois mois après, le Conseil pourrait choisir le meilleur candidat. Ce sera, vous le savez, une désignation à la majorité qualifiée, et donc sans droit de veto.
Puisque vous plaidez pour la transparence, serez-vous, vous-même, candidat ?
Je pense que l’on ne peut parler utilement de ce sujet que si on ne pense pas à soi. Tout dépend de ce que serait le schéma. Deux types de présidents sont possibles. Le premier profil est celui d’un « grand installateur ». Ce serait un homme ou une femme d’expérience, qui ne ferait probablement qu’un seul mandat de deux ans et demi, qui installerait le système, qui fixerait les règles, le climat, un peu à la manière de George Washington dans son premier mandat. Le second profil est celui du président opérationnel : c’est celui qui animera le système et qui donnera les impulsions nécessaires. Si on le trouve, pourquoi pas ? Dans cette catégorie, on pourrait penser à Angela Merkel. C’est elle qui est à l’origine des grands compromis européens de l’année dernière.
… ou Guy Verhofstadt ?
Oui, lui aussi a montré sa grande capacité lors de la rédaction de la déclaration de Laeken. Ils pourraient être des « opérateurs ». Mais il serait peut-être plus logique de procéder en deux temps, et de nommer d’abord quelqu’un qui aurait la tâche symbolique, emblématique, d’incarner en premier la fonction…
Et là, vous répondez étrangement au profil !
C’est vous qui le dites, ou plutôt qui aimeriez me le faire dire ! Ce qui est sûr, c’est que je n’invoquerai pas l’âge comme un argument en ma faveur !
Qu’attendez-vous de la présidence française dans deux mois ?
La priorité des priorités, c’est que ce soit une présidence européenne et pas une présidence française ! L’inconvénient du système de rotation est de faire croire qu’il s’agit d’une fonction nationale. La France devra agir pour le compte de l’ensemble de l’Europe et non pour son compte personnel. Il faudra qu’elle fasse avancer certains dossiers : l’énergie, l’environnement, la charte de l’immigration. Des avancées sont sans doute possibles aussi dans le domaine de la défense.
Vous mettez en garde contre une politique de coups d’éclat ?
Oui, on nous reproche souvent notre arrogance, et on a quelques motifs de le faire ! Il faut que cette présidence soit modeste. Soyons clairs : nous devons mettre notre expertise, nos compétences au service de l’Europe, et ne pas chercher à imposer des solutions françaises aux problèmes européens.
Vous le direz au président Sarkozy ? Il vous consultera ?
Rien n’est prévu pour l’instant. Mais je l’ai déjà dit au ministre des Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, qui évolue dans ce sens.
Vous évoquez la défense européenne. Comment réagissez-vous au souhait de M. Sarkozy de la faire progresser tout en voulant réintégrer le commandement militaire de l’Otan ?
Je ne vois pas bien le lien entre les deux questions ! La nécessité, c’est de doter l’Europe d’une défense. L’Europe a une monnaie, un marché, un début de citoyenneté : elle doit avoir une défense, comme toute autre grande collectivité humaine. Mais quel rapport y a-t-il avec l’Otan ? Les Américains ne bloquent pas l’Europe de la défense. On ne peut qu’établir un lien artificiel, en imaginant qu’un pays partenaire a fixé cette condition, car notre situation de non-intégration dans le dispositif militaire de l’Otan depuis 1967 ne nous a posé aucun problème… Cela a pu faire partie d’une discussion à trois, au détriment du lien franco-allemand…
Vous regrettez l’affaiblissement de cet axe ?
L’affaiblissement de ce lien ne peut être que provisoire. Il n’y aura pas d’union européenne sans une relation intime entre la France et l’Allemagne. On semble aujourd’hui se rapprocher davantage des Britanniques. C’est une relation intéressante, avec une grande nation, mais dont nous ne pouvons pas attendre un progrès de l’Union européenne. D’ailleurs le discours fondateur de Winston Churchill à Zurich, en Septembre 1946, précisait bien que
« la puissante Amérique et la Grande-Bretagne parraineraient la nouvelle Europe, issue des initiatives communes franco-allemandes ».
Le débat sur l’Union méditerranéenne est lancé. Qu’en pensez-vous ?
Je n’aime pas critiquer les initiatives françaises mais je dois dire que le premier projet me paraissait évidemment inacceptable ! Le mot même d’« Union » évoque nos quatre libertés : liberté de circulation des personnes, des marchandises, des services et des capitaux. C’était une chimère ! D’autre part, les pays concernés ne s’entendent pas entre eux et ont parfois des régimes politiques qui seraient considérés comme incompatibles s’ils étaient dans l’Union européenne. Grâce à Angela Merkel, dont l’influence a été déterminante, le Conseil européen a ramené ce projet à une dimension qui peut être utile, et qui est finalement le prolongement du programme de Barcelone.
A quatre mois des Jeux olympiques, l’Europe doit-elle adopter une position commune vis-à-vis de la Chine ?
Si nous devions faire quelque chose, ce serait évidemment au nom de l’Europe entière, sinon cela n’aurait aucun sens. Cela dit, ceux qui se sont exprimés se sont trompés de cible. Ils n’ont pas vu qu’ils blessaient non pas les dirigeants mais le peuple chinois. Celui-ci se prépare depuis sept ans pour cette grande fête. Il sait que la Chine a changé, sans doute pas suffisamment, mais dans le bons sens. Alors il ne comprend pas. Les manifestations, souvent très confuses, et qui ont donné lieu à des images violentes, ont constitué une vraie blessure pour le peuple chinois. C’est pourquoi la chose la plus sage à faire pour l’instant serait de se taire et d’exprimer nos désaccords, s’il y a lieu, par la voie diplomatique. Ces Jeux olympiques, il faut les vivre comme la fête mondiale du sport. Toute autre interprétation défigure le message d’Olympie, et de Pierre de Coubertin.
Valéry Giscard d’Estaing Ne croyez-vous pas qu'à 82 ans il est temps de se retirer et laisser la place à plus jeune (qui ne succre pas les fraises)... ou a-t-il besoin de plus d'argent de poche. Restons réaliste et ne rappelons pas tous ces pensionnés depuis belle lurette!!!
les centenaires du futur c est qu on vit centenaire maintenant..il faut qu il puisse assurer ses vacances...c est le renversement !...le peuple qu on assiste de moins en moins(pension,sante) qu on envoit a la retraite a la cinquentaine, ou l on espere qu il en crevera d ennuis.E a la classe dirigente les joies de bosser apres 8o piges et de pouvoir se payer des soins de sante.
D... FOR PRESIDENT Je me demande vraiment pourquoi personne n'y a pensé ! Nous les petits belges nous en avons un, élégant, expérimenté, svelte, policé, habitué à fréquenter le beau monde, fin diplomate comme KAREL V et surtout connaissant le néerlandais à la perfection. Vous ne voyez toujours pas ? Allei : j'en donne les initiales J-L D. !!!
Le retour J'aime beaucoup VGD. Pour les vieux de la vieille qui s'en souvienne (VGD président français entre 1974 et 1981), VGD ce sont notamment les avions renifleurs (de pétrole) et les diamants de Bokassa, l'empereur déchu de Centrafrique.Avec VGD, l'Europe aura, et le pétrole (forcément moins cher à la pompe), et le fric (Ah non, ça c'était rien que pour lui ...)
Aller zou... Honteux n'est pas Giscard ( yoda) non même pas ! nous travailleurs avons étés contraints de partir en pré-pension à 52 ans et moins encore ou pire mis dehors par des sociétés qui délocalisent à tour de bras et on devrait encore supporter cet ennuyeux vieillard.
Mais bien sûr ! Et pourquoi pas Jeanne Calment, tant qu'on y est, ou encore Mathusalem ! A moins qu'on ne préfère avec sagesse nommer(FID)ELIO (CASTRO DI RUPO) à ce poste, qui sera sûrement candidat à se bricoler un devenir européen en 2009, si le PS perd les élections régionales, hihihi = ; >>>>>>>>>( C'est pour rire, hihihi, et le surnom "Fidelio Di Rupo" est de moi, qu'on ne n'oublie pas, si jamais il fait recette !).Buzz(21)
Dinosaure moisi, le retour ... D'abord, un Président de l'UE devrait être élu, c'est la moindre des choses en démocratie. Ensuite, les candidats à cette Présidence devraient être des gens dynamiques, expérimentés, responsables et ayant fait leurs preuves MAIS pas des séniles prêts à entrer à l'hospice (avec tout le respect que j'ai pour eux). VGE Président, c'est la risée internationale garantie. Non au copinage, passe-droit, postes bidons, etc. sur le compte du contribuable européen.
Seb Y en a qui ne veulent vraiment jamais s'arrêter ... Madame est-elle tellement pénible que "tout pour rester hors de la maison?" .. Me dite pas que c'est encore l'argent qui le fait courir ... Si on le nomme, nommez en même temps son successeur ... Faut qu'il se retire à un moment non ? Aura-t-il encore l'énergie ou l'envie d'innover ? de frapper sur la table ? Non, je ne le pense pas ! Je sais bien qu'on parle d'allonger le temps de travail mais quand même ...
@ tonton beber 49 Le poste de président existe déjà il est assuré par un pays et il change tous les 6 mois. Il fixe agenda sujet à aborder... Le problème c'est que pour une entreprise qui veut se rassurer pour investir elle veut connaître la tendance pour quelques années et pas quelques mois. Donc on a choisit de ralonger la durée. Le revers c'est que les lobbys auront eux aussi plus de temps pour infléchir tel ou tel agenda