Piccard : « Il manque la volonté politique pour pousser l’énergie propre »

Rédaction en ligne

jeudi 08 juillet 2010, 09:46

Entretien Pour Bertrand Piccard, aviateur et fondateur du projet Solar Impulse, l’avion solaire qui a accompli jeudi son premier vol non-stop de plus de 25 heures permet d’ouvrir la porte à une utilisation plus répandue des énergies vertes.

Piccard : « Il manque la volonté politique pour pousser l’énergie propre »

© AFP

Quand vous est venue l’idée d’un avion solaire ?

L’idée est venue au moment de l’atterrissage de Breitling Orbiter III (un tour du monde en ballon en 1999 effectué par Piccard). On était parti avec 3,7 tonnes de propane liquide, on a atterri avec 40 kilos. Je me suis dit : « ce n’est pas bon pour l’environnement. J’aimerais pouvoir rester en vol aussi longtemps que je veux et voler sans carburant ». L’idée est née à ce moment-là.

D’où vous vient cet esprit d’aventure, de défi ?

Ca vient du goût d’explorer l’inconnu, d’explorer de nouveaux domaines, aller plus loin que ce que l’on croit possible. C’est ce que j’ai vu pendant toute mon enfance avec mon grand-père (Auguste) et mon père (Jacques), et c’est vrai que c’est ça qui m’intéresse dans la vie.

Et pour l’énergie solaire, c’est votre grand-père qui vous a influencé ?

Mon grand-père avait déjà écrit en 1943 un grand article scientifique sur l’énergie photovoltaïque. J’ai toujours entendu parler des préoccupations environnementales par mon père et mon grand-père (des scientifiques aventuriers, ndlr). Pour eux, c’était très important de protéger l’environnement et d’utiliser la technologie pour y arriver. Alors, aujourd’hui la technologie existe. C’est finalement ça la grande différence, c’est qu’autrefois on espérait trouver les solutions technologiques et aujourd’hui les solutions existent. Ce qu’il faut faire, c’est donner envie aux gens de les utiliser (les technologies vertes), parce qu’elles ne sont pas utilisées. Les solutions d’aujourd’hui permettent en tout cas d’économiser environ 50 % du pétrole que notre société utilise. Il y a onze ans, les technologies pour économiser les énergies fossiles n’étaient pas aussi efficaces, c’était le tout début. Maintenant, on a passé le cap des énergies propres qui sont disponibles, mais pas ou très peu utilisées parce qu’il manque la volonté politique pour les pousser.

(afp)

Vos réactions

Je me connecte Je m'inscris

Nouveau : changement dans la procédure de connexion. En savoir plus

Quelques règles de bonne conduite avant de réagir