La première greffe du visage en Belgique est réussie
Rédaction en ligne
samedi 07 janvier 2012, 20:11
L’université de Gand a réalisé la première greffe du visage en Belgique, il y a quelques semaines. Le patient, à propos duquel aucune information n’a été fournie, se porte bien.
L’équipe de transplantation de l’hôpital universitaire de Gand, dirigée par le professeur Phillip Blondeel, a réalisé il y a quelques semaines la première greffe de visage en Belgique. Ce n’est que la 19ème intervention du genre dans le monde. Le patient se porte bien. Le patient, comme la famille du donneur, ont tenu à rester anonymes.
La Belgique est le troisième pays européen, après la France et l’Espagne, où une opération du genre a été réalisée. L’intervention chirurgicale a été préparée durant près de trois ans par une équipe de près de 65 personnes de l’hôpital universitaire de Gand. L’opération en elle-même a duré près de 20 heures. On n’a pas seulement transplanté au cours de l’opération de la peau mais aussi la plus grande quantité d’os au monde.
« L’opération s’est très bien passée »
« L’intervention s’est très bien passée, tant et si bien que le patient a pu prononcer ses premiers mots après six jours », a déclaré le Dr Blondeel samedi après-midi lors d’une conférence de presse. « Il va super bien après six jours », a renchéri le professeur interrogé par la chaîne de télévision RTL-TVI.
« Il a déjà avalé un peu d’eau, il a parlé, ce qui était inattendu, on ne pensait pas qu’il pourrait parler aussi vite après l’opération ». « Ce qui manquait de peau, c’était surtout la partie centrale du visage, lèvres, muscles, nerfs », a-t-il ensuite expliqué. « Quand on parle d’os (à remplacer, ndlr), c’est aussi la partie centrale du visage, d’en-dessous des yeux jusqu’au cou. Tout était parti », a-t-il dit à la RTBF.
Pas de problème éthique
Selon lui, l’intervention répond à des principes éthiques car le visage peut être considéré comme un organe vital des sens et de la communication non verbale. « Pour ce patient, il n’y avait pas d’autre solution que de procéder à une transplantation. » Pourtant, l’intervention n’est pas sans risque. Sur les dix-neuf patients ayant subi une greffe du visage dans le monde, dont le premier il y a six ans, deux sont décédés.
Selon le Dr Blondeel, l’université de Gand a l’ambition pour le futur de réaliser d’autres transplantations de tissus composites. « Outre le visage, des mains, des bras, l’abdomen et encore d’autres parties du corps, dont la réparation est difficile, seront transplantés à l’avenir au sein de l’hôpital universitaire. La première greffe de visage n’est que la première étape ».
(belga)














