La modification du Temps universel repoussé ad vitam aeternam
Rédaction en ligne
jeudi 19 janvier 2012, 21:30
La modification du système du Temps universel, établi il y a 40 ans pour calquer l’heure atomique sur l’heure solaire, a été repoussée aux calendes grecques faute de consensus lors de l’Assemblée des radiocommunications organisée par l’Union internationale des télécommunications.
©AFP
« Le dossier va être renvoyé en groupe de travail afin de clarifier certaines interrogations émises par plusieurs pays membres », a indiqué le président de l’Assemblée, Alan Jamieson, à l’issue de 3 heures de débats. Cette modification était réclamée par les Etats-Unis, la France et le Japon, alors que la Grande-Bretagne, l’Allemagne, la Chine et le Canada y étaient fermement opposés.
Les débats ont montré, a ajouté M. Jamieson, que les quelque 700 délégués représentant 70 pays à cette Assemblée étaient très divisés sur la question, qui fait l’objet d’études au sein d’un groupe de travail depuis 10 ans.
Le système actuel du temps a été défini en 1972, avec l’adoption du « temps universel coordonné » (TUC), soit l’heure donnée par les horloges atomiques, à laquelle on ajoute ou retranche de temps à autre une seconde, appelée « seconde intercalaire », afin qu’elle reste synchrone avec l’heure solaire. Depuis 1972, 24 secondes intercalaires ont ainsi été rajoutées au TUC pour rattraper le décalage entre l’heure atomique, toujours régulière, et l’heure terrestre, qui peut varier en fonction d’éléments comme les marées ou les tremblements de terre.
Le problème de la seconde intercalaire
Pour les Etats-Unis, qui veulent la suppression de ce système, la seconde intercalaire est « une perturbation dans l’industrie spatiale et celle des satellites, qui réclament un système continu ». « La pratique actuelle est trop compliquée, car chaque ajout de seconde intercalaire nécessite une intervention humaine, ce qui pose des problèmes techniques et présente également des risques d’erreur », a indiqué le délégué américain à l’Assemblée.
Pour le Royaume-Uni au contraire, si on abolit la seconde intercalaire, l’heure atomique va de plus en plus s’éloigner de l’heure terrestre. « C’est une décision qui aurait de grandes conséquences pour les générations futures, notamment sur le plan social, et même religieux », a déclaré le délégué britannique, qui réclame plus d’études sur la question.
Pour Vincent Meens, président du groupe d’études de l’IUT sur la question, « le problème vient du fait que l’on ne peut pas prévoir longtemps à l’avance quand il faut ajouter ou non une seconde intercalaire à l’heure atomique, car tout dépend de la rotation de la terre ». En général, elles sont décidées 6 mois avant et se font toujours le 30 juin ou le 31 décembre. « C’est pourquoi il n’y a jamais de lancement de fusées ces jours-là, en raison d’un éventuel décalage, qui brouillerait tous les calculs », a indiqué encore M. Meens.
La suppression de la seconde intercalaire simplifierait la vie des informaticiens mais elle aboutirait à la « distorsion » entre l’heure atomique et l’heure solaire, qui serait de « 15 secondes tous les 100 ans ».
Le résumé des débats de l’Assemblée des radiocommunications sera adressé à la Conférence mondiale de l’IUT sur les radiocommunications 2012, qui aura lieu du 23 janvier au 17 février à Genève.
AFP
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Et modifier l'heure de "15 secondes tous les 100 ans", voire 150 secondes tous les 1000 ans ne satisferait-il pas tout le monde ? Surtout que d'ici là... Ca me semble en effet une fameuse usine à gaz pour pas grand chose, qu'il soit 20:25:25 ou 20:25:28 je me demande qui ça perturbe vraiment 'socialement ou religieusement' comme le suggère l'argumentation britannique ; on vit déjà bien avec des heures artificielles grâce aux fuseaux horaires sans compter l'heure d'été. Par contre, je peux comprendre que le calcul d'une durée soit capitale en astronautique.
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En matière de sciences physiques (cosmiques?) la seule réponse correcte est ...la correcte. Tant pis si c'est un problème pour certaines applications informatiques ou autres, méchaniques... Au fait donc, les musulmans ont raison de d'abord vouloir observer la lune pour commencer le ramadan, plutot que de simplement consulter un calendrier! Cette histoire de temps, ça ne finit pas par nous faire des ennuis: déjà lors du passage du calendrier julien au grégorien, ça a causé pas mal de problèmes...et essayez toujours avec Excel, avant 1900 (et pire, avant 1582).