Troisième semaine de canicule en Europe

Rédaction en ligne

Une partie de l'Europe a entamé une troisième semaine de canicule, alors que les grandes chaleurs sont déjà responsables de la mort d'une quarantaine de personnes. La commune de Dinant a prolongé une ordonnance communale qui interdit tout feu sur son territoire.

Selon le bourgmestre, Michel Frippiat, Dinant pourrait être la première commune à prendre une telle décision. Le 17 juillet, le bourgmestre Richard Fournaux a signé une ordonnance de police interdisant tout feu sur le territoire communal. En raison du risque accru d'incendie en cette période de sécheresse, et en fonction des prévisions météorologiques, l'ordonnance a été prolongée ce lundi jusqu'au 31 juillet.

Les barbecues restent cependant autorisés, à condition qu'ils soient organisés sur un terrain privé, dans un appareillage adéquat. Plusieurs associations, comme des mouvements de jeunesse qui souhaitaient organiser un feu le dernier jour des camps, ont introduit des demandes de dérogation à cette ordonnance. Elles ont été refusées. Nous n'accorderons aucune dérogation à personne, a expliqué Michel Frippiat.

La commune de Dinant avait déjà pris une mesure similaire en 2004, mais pendant quelques jours seulement. C'est la première fois qu'une telle interdiction est décidée pour une durée si longue. A l'Union des Villes et Communes de Wallonie, on ne dispose d'aucune trace d'une ordonnance similaire prise dans une autre commune wallonne.

Rappel

A l'heure où deux communes en Belgique, Dinant et Meerhout, ont interdit tout feu sur leur territoire, le ministre wallon de l'Environnement, Benoît Lutgen, a tenu à rappeler lundi qu'il était strictement interdit d'allumer un feu, de quelque nature que ce soit, en forêt.

Actuellement, le risque d'incendie est très élevé, souligne M. Lutgen. Un petit feu peut s'avérer impossible à maîtriser dans les bois en cette période sèche, d'autant plus que le vent est susceptible d'accélérer sa propagation. Le ministre exhorte le public qui circule en forêt à la vigilance: une allumette, une cigarette, etc. peuvent provoquer la destruction de plusieurs centaines d'hectares.

Le spectre de 2003

Les températures exceptionnelles qui persistent du sud de l'Espagne à la Pologne ont ravivé le spectre de la canicule de 2003, qui avait fait 30.000 morts en Europe, dont près de 15.000 en France. Près de la moitié de ce pays était placée lundi en "vigilance orange". Les récentes chaleurs y ont entraîné la mort d'"une trentaine" de personnes, selon un bilan officiel communiqué dans l'après-midi. Parmi les derniers décès signalés, une femme de 90 ans et un malade mental de 45 ans ont été retrouvés morts près de Paris dans leur chambre. Les températures devaient encore monter mardi et mercredi, jusqu'à 37-38°C degrés Celsius, dans le sud-est et le sud-ouest du pays.

Les pouvoirs publics français sont très mobilisés après avoir été accusés de lenteur en 2003. Mais alors que les cliniques privées étaient affectées par une grève de certains praticiens, des médecins urgentistes du secteur public ont tiré la sonnette d'alarme en se disant "très inquiets" pour les jours à venir face au surcroît d'activité lié à la canicule. Le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, a fait appel aux étudiants en médecine et médecins retraités pour renforcer les services de secours.

Pour écarter le spectre d'une rupture d'approvisionnement électrique, le gouvernement français a par ailleurs autorisé exceptionnellement les centrales nucléaires EDF à relâcher des eaux plus chaudes dans les rivières, comme à l'été 2003.

En Espagne, où le thermomètre affichait ce week-end 40°C, un niveau qui n'est toutefois pas exceptionnel dans ce pays, un maçon de 54 ans a succombé samedi à un coup de chaleur sur un chantier de l'île de Minorque, aux Baléares. Le gouvernement espagnol a mis en place des mesures préventives qui resteront en vigueur jusqu'au 1er octobre et visent plus particulièrement 4 millions de personnes considérées comme vulnérables.

En Allemagne, les températures oscillaient lundi autour de 30°C, seules les côtes du nord du pays bénéficiant de conditions plus supportables (entre 23 et 28°C). L'une des deux pistes de l'aéroport de Hanovre (nord) a dû être fermée en raison de dégâts provoqués par la canicule. Pendant le week-end, c'est au contraire une tornade dans la région de Karlsruhe et de violents orages en Bavière qui ont fait au moins sept blessés et provoqué d'importants dégâts.

Situation quelque peu similaire en Italie, où de violentes intempéries ont succédé pendant le week-end aux fortes chaleurs dans le centre et le nord du pays, provoquant la mort d'une femme de 32 ans, victime de la foudre dimanche. La sécheresse dans le nord du pays "est l'une des pires des 30 dernières années", selon l'un des principaux syndicats agricoles, la Coldiretti. Des centaines d'hectares ont été détruits pour des dégâts estimés à près d'un milliard d'euros de source syndicale.

La Pologne prévoit une baisse de 20% de la récolte de céréales en raison de la sécheresse, une situation qualifiée de "dramatique" par les autorités. L'Autriche a elle enregistré un très inhabituel 36,8°C, proche du record absolu de chaleur qu'ait connu le pays (37,2°C en 1983), alors même qu'à 2.100 m d'altitude, au Brunnenkogel, il ne faisait que 5,7°C.

En Hongrie, les températures qui flirtent depuis huit jours au-dessus des 30°C devraient rester à ce niveau jusqu'au week-end prochain. Températures élevées également aux Pays-Bas, où un numéro d'appel d'urgence a été mis en place pour conseiller les personnes âgées face à la chaleur.

Le mercure est en revanche retombé en Grande-Bretagne, plafonnant lundi à 29°C après un pic enregistré à 36,5°C mercredi à Wisley, dans le sud-est de l'Angleterre.

(d'après AFP)

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Dominique Duchesnes

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