Le climat chauffe les esprits américains
Rédaction en ligne
samedi 14 février 2009, 22:47
EXCLU WEB « Si aucune action n’est entreprise rapidement, le réchauffement climatique de la planète va atteindre un rythme insoutenable à très, très court terme ». La prise de conscience environnmentale gagne du terrain au Etats-Unis.
« Si aucune action n’est entreprise rapidement, le réchauffement climatique de la planète va atteindre un rythme insoutenable à très, très court terme ». A la réunion annuelle de l’Association américain pour l’avancement des sciences (AAAS) de Chicago, Chris Field, de la Carnegie institution for Science, ne mâche pas ses mots. Et il décoche une flèche envers la consommation énergétique de son propre pays : les Etats-Unis, où la prise de conscience environnementale ne cesse de gagner du terrain.
« Et j’espère que les initiatives pour limiter les émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère seront prises bien avant le prochain rapport du Giec. Nous ne pouvons pas attendre quatre ou cinq ans pour agir ».
Les points chauds où porter le fer de manière urgente ?
Pour le chercheur, c’est d’abord dans les tropiques qu’il faut agir. Là où la déforestation est galopante.
« On coupe la forêt tropicale pour développer des cultures destinées à la production de biocarburants », abonde Holly Gibbs, de l’Université Stanford, en Californie. « C’est un non-sens. Les forêts sont des zones de stockage de carbone très importantes. Il est louable de vouloir réduire nos émissions de CO2 en remplaçant les carburants fossiles par des agrocarburants. Mais si c’est fait au détriment de la forêt amazonienne, le bilan écologique de l’opération est largement négatif ! » affirme-t-elle. « Les forêts piègent proportionnellement beaucoup plus de CO2, même celui émis par notre consommation de pétrole et de charbon, que ce qu’on économise en les remplaçant par des cultures pour agrocarburants ».
Même son de cloche en ce qui concerne le recours au charbon. « Les économies émergentes consomment de plus en plus de charbon. C’est le cas de l’Inde et de la Chine », constate Chris Field. « Mais il ne faut pas perdre de vue qu’en matière d’émissions de CO2, cela ne représente toujours qu’un sixième des émissions américaines… »
L’heure est au mea culpa… et à l’action. « Si nous n’agissons pas rapidement, la machine climatique va s’emballer. Les incendies de forêt, y compris sous les tropiques, vont se multiplier. Le permafrost va fondre et libérer plus de mille milliards de tonnes de CO2 en un très court laps de temps alors que depuis la révolution industrielle, nos émissions totales de CO2 sont estimées à 350 milliards de tonnes », conclut Chris Field. La vie sur Terre va devenir tout simplement… impossible.
CHRISTIAN DU BRULLE