Iter. Cette collaboration internationale vise à construire puis à faire fonctionner un réacteur de fusion nucléaire afin de démontrer la faisabilité et l'intérêt de la fusion nucléaire comme ressource énergétique. Il s'agit d'un projet qui durera 35 ans et qui a été officiellement lancé en 2006. Ce réacteur nucléaire de type tokamak devrait ensuite ouvrir la voie à un autre engin, plus puissant encore baptisé « Demo ». Lequel constituera la dernière étape de validation du système de fusion avant le déploiement de machines commerciales de production d'énergie.
Tokamak. Un tokamak est une machine qui confine de manière magnétique un plasma. Il prend la forme d'un tore. Le cur d'Iter est donc un tore, une sorte de gigantesque chambre à air (ici une « chambre à vide ») dans laquelle circulera un plasma affichant quelque 100 millions de degrés. Maintenu à l'écart des parois du tore par un champ magnétique puissant, ce plasma sera le siège du processus de fusion.
Fusion. Contrairement aux centrales nucléaires classiques qui « cassent » de l'atome (fission) pour en récupérer l'énergie et ainsi produire de l'électricité, Iter sera un réacteur de fusion. Son carburant ? Du deutérium et du tritium, deux isotopes de l'hydrogène qui en fusionnant formeront de l'hélium tout en libérant un neutron et en produisant de l'énergie. C'est le même principe de production d'énergie que celui qui existe au cur des étoiles.
Partenaires. Le projet Iter est un projet mondial, en ce sens que la technologie qu'il élabore sera à terme la technologie de référence pour produire de l'électricité au départ de la fusion nucléaire partout sur Terre. À l'heure actuelle, sept partenaires font partie du consortium. Outre l'Europe, via son agence baptisée Fusion for Energy, basée à Barcelone, on retrouve la Chine, le Japon, la Russie, les Etats-Unis, la Corée du Sud et l'Inde.
Budget. Le dernier budget chiffré d'Iter portait sur quelque 10 milliards d'euros. Il est en cours de réévaluation et un nouveau chiffre devrait être connu à la fin de cette année (novembre). L'Europe assume 45 % de ce budget. Le reste est à charge des autres partenaires, à parts égales.
Le hall du VTT, le Centre de recherches techniques finlandais, est immaculé, tout comme le tapis neigeux qui recouvre le campus de l'université technique de Tampere, à quelque 200 kilomètres d'Helsinki.
Un ronronnement régulier réverbéré par les hauts murs du bâtiment indique que le gigantesque chariot automatique (DTP2) chargé de la manutention du futur réacteur de fusion nucléaire Iter est en mouvement.
« Il s'agit du clone du chariot de manutention, explique Didier Gambier, le directeur de l'Agence Fusion for Energy. Ce simulateur à l'échelle 1 : 1 est destinée à valider toute une série de concepts et de technologies concernant l'exploitation du réacteur de fusion », précise-t-il.
Quand Iter entrera en fonction, il sera impossible, lors de ses phases d'entretien de pénétrer dans le cur du tokamak, à cause des radiations. Un chariot télécommandé devra se substituer au technicien pour assurer le nettoyage de la partie inférieure du réacteur : le « divertor » et ses 54 éléments appelés cassettes.
Le réacteur Iter est en phase de construction à Cadarache, dans le sud de la France. Il ne devrait pas entrer en service avant dix ans. Les partenaires du projet explorent déjà toutes les facettes de cette exploitation, y compris l'entretien régulier de la machine. D'où la mise au point de DTP2.
« Le réacteur produira de l'énergie en fusionnant des ions d'hydrogène, rappelle Luigi Semeraro, ingénieur mécanicien. La fournaise affichera une température de 100 millions de degrés ce qui entraînera la formation de minuscules cendres, des ions d'hélium qui suffisent à polluer la pureté du plasma (du processus de fusion). Pour des raisons d'efficacité, nous voulons conserver à ce plasma une pureté maximale. C'est pour cela que les résidus de fusion sont magnétiquement capturés dans le plasma et éliminés de l'enceinte via le « divertor », une sorte de canal circulaire s'ouvrant au bas du cur du réacteur. Chaque cassette du divertor est recouverte d'une couche de tungstène. Ce revêtement n'est pas inusable. En cours d'exploitation, les ions d'hélium vont l'éroder. Pour conserver leur efficacité, il faudra pouvoir y avoir accès, récupérer une à une ces cassettes, les véhiculer vers une chambre d'entretien, les traiter puis les remettre en place », ajoute l'expert.
Une opération des plus simples ? « Pas vraiment, précise l'ingénieur. Chaque cassette pèse plus de dix tonnes, l'espace pour y accéder est très limité, la forme même du tore limite les mouvements enfin la visibilité y est nulle pour des caméras classiques à CCD à cause des rayonnements ». Pour les partenaires du DTP2, l'inauguration de leur simulateur est donc loin d'être un aboutissement.
Ils vont à présent devoir mettre au point et valider chaque minuscule geste de leur robot afin d'assurer à Iter de fructueuses années de fonctionnement !
Je me répète mais on peut très bien augmenter le budget global de la recherche et donc investir plus dans la recherche renouvelable sans pour autant investir moins dans la recherche sur la fusion nucléaire. C'est juste une question de volonté politique et pas de moyens, le budget de la recherche européen n'étant pas bien gras quand on le compare (en pourcentage de PIB) à celui des USA ou du Japon. Mettre de l'argent dans la recherche peut être comparée à un investissement qui est récupéré sur le long terme. Ce n'est jamais perdu.
Sujet Mon intervention se fait dans le cadre du sujet de l'article, on parle donc de recherche nucléaire (et pas de l'existant, Blake M.). Selon mes sources, le budget européen à la recherche énergie était, pour la période 2007 - 2013 (donc on y est) : 2.7 + 4 milliards pour nucléaire (soit environ 2/3 du budget), 2.3 milliards pour le reste (dont 2/3, soit 1.53 milliard au renouvelable et efficacité énergétique). Maintenant les choses évoluent, nous avons le plan énergie de la commission, mais quelles concrétisations avec le président actuel de l'EU??
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Ah bon! J'ai parlé de la fusion. Si vous trouvez que c'est de "l'existant", c'est une grande nouvelle.
Pour le reste, si vous voulez rester dans le titre du sujet, parlez d'Iter, pas du renouvelable.
Sujet Mon intervention se fait dans le cadre du sujet de l'article, on parle donc de recherche nucléaire (et pas de l'existant, Blake M.). Selon mes sources, le budget européen à la recherche énergie était, pour la période 2007 - 2013 (donc on y est) : 2.7 + 4 milliards pour nucléaire (soit environ 2/3 du budget), 2.3 milliards pour le reste (dont 2/3, soit 1.53 milliard au renouvelable et efficacité énergétique). Maintenant les choses évoluent, nous avons le plan énergie de la commission, mais quelles concrétisations avec le président actuel de l'EU??
@biouler Je distinguerais deux types de dépense, les subventions à l'exploitation et les subventions à la recherche. Les premières servent souvent à lancer une énergie. Ce fut le cas au début du nucléaire mais celui-ci a remboursé les aides du début. C'est maintenant le cas avec les certificats verts qui permettent de lancer les énergies renouvelables (vent, soleil, etc.). Il n'y a pas de concurrence entre ces deux types d'énergies car l'une est actuellement rentable et n'a plus besoin d'être aidée alors que l'autre bénéficie actuellement des aides. Quant au budget de la recherche, il est dérisoire et c'est cela qui est une honte, pas sa répartition !
@luca Entièrement d'accord avec vous, sur le principe, dans la vision. Mais (car il y a toujours un mais) le manichéisme est toujours présent au moment de décider, car choisir c'est renoncer. Les politiques, les administrations, ... ont un budget définit pour une période donnée. Donc au moment de passer à l'action, il faut choisir, ce qui n'empêche pas de se placer dans une vision globale à long terme. Et de revenir sur ce que j'écrivais: l'investissement nucléaire en occulte, aujourd'hui, beaucoup d'autre et il n'y a pas de vision globale proposée. Mais, personnellement, je n'oppose rien, dans l'absolu!
@biouler, Il faut voir plus loin ! De l'argent, il y en a bien assez pour toutes les technologies si on veut s'en donner les moyens. La meilleure preuve, les milliards d'euros que tous les gouvernements ont trouvés pour sauver nos banques. Rien que que le plan belge peut financer Iter (et encore Iter se finance sur des dizaines d'années et pas sur un an). Bref, arrêtons ce manichéisme qui veut qu'une énergie soit l'ennemi d'une autre. Au contraire, investissons dans le long terme et diversifions au maximum la recherche, et par conséquent les sources d'énergie peu productrice de CO2, puisque l'enjeu est là (et que de toutes façons l'ère du pétrole bon marché touche à sa fin).
Ne pas confondre Fission et fusion!!!La fission concerne des atomes lourds (plutonium,...) et engendre des déchets. La fusion,elle, concerne l'hydrogène qui fusionne (d'où le nom) en hélium, au pris d'un dégagement de chaleur considérable. C'est ce qui alimente notre soleil. Les grosses différences sont l'abondance des matières premières, et la quasi-inexistence des déchets radioactifs. Les deux difficultés majeurs actuellement, c'est de lancer le processus et de le stabiliser...
C'est le discours des pro-nucléaire. Pour ma part, je ne vois pas en quoi les éoliennes et les panneaux photovoltaïques seraient à mettre à la poubelle une fois la fusion nucléaire maîtrisée et mise en production.
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Tout simplement parce que ce mode de production d'énergie a deux grands et gros défauts: son manque d'adaptabilité et son manque de régularité. Elles ne resteront que marginales et devront toujours être dédoublées par des productions classiques (nucléaires ou fossiles).
Ne pas confondre la production nucléaire actuelle (fission) avec celle qui est recherché pour l'avenir: la fusion (combustible en quantité très abondante sur le Terre, de quoi satisfaire le besoin en énergie durant des siècles).
Si, si C'est justement parce qu'il y a ce "si" qu'il faut renforcer le renouvelable. Le nuclaire, s'il devait un jour pouvoir répondre proprement à toutes nos questions (ce serait bien évidemment), reçoit une masse d'argent énorme et qui grève les budgets de technologies qui n'ont pas de conditionnel devant elles. Et là je me pose la question du choix budgétaire alloué à "ce que l'on pourrait avoir" à la place de "ce que l'on a devant nous" mais qui, du coup, est sous exploité. Et si le nucléaire fait flop??
@[2] Je suis d'accord ShawnScottie. L'éolien est le photovolataïque sont loin d'être supplantés par la fusion. ITER n'est qu'un prototype dont on envisage la première mise en service pour 2018. Si tout fonctionne et si les résultats sont positifs (ce qui serait miraculeux compte tenu des challenges à relever), un second prototype serait envisagé (DEMO - vers 2030 ?). Donc dans les meilleurs des cas on ne doit pas s'attendre à du fusion industriel avant 2050. Or quand on voit l'état des ressources énergétiques et les problèmes écologiques actuels 2050 ce sera trop tard. Cela, ce n'est pas une raison pour ne pas démontrer la viabilité d'un tel processus mais il est illusoire de voir la fusion comme une solution miracle à tous nos problèmes d'énergie
@ Blake C'est le discours des pro-nucléaire. Pour ma part, je ne vois pas en quoi les éoliennes et les panneaux photovoltaïques seraient à mettre à la poubelle une fois la fusion nucléaire maîtrisée et mise en production. Le nucléaire reste très cher et pas exempt de problèmes, même dans le cas de la fusion. Et par ailleurs, avant d'avoir de l'électricité issue de la fusion, on en a pour quelques décennies, alors l'éolien et le solaire ont encore de très beau jours devant eux...
@mordred2222quelque chose me dit que vous avez posté sur le mauvais article.Ceci dit, article tres interessant. Je ne savais pas du tout qu'on en etait arrivé a ce stade sur l'etude des reacteurs a fusion.
Si un jour l'Homme parvient a maîtriser la fusion nucléaire, ses problèmes énergétiques seront derrière lui.
On pourra ranger au placard les éoliennes, les panneaux photovoltaïques, les centrales nucléaires classiques et à carburant fossiles. Ce sera sans doute le règne de l'électricité et de l'hydrogène.
Fabuleux Comme d'habitude, tout est fait dans le désordre.Les PC vont encore rester dans un stock en attendant d'être déposé subitement en masse et en catastrophe, et dans 5 ans, je trouverais comme la dernière fois, des boites dans la cave de l'école,avec pour commentaire 'on sait pas, on a déposé et personne n'a jamais installé'Au moins, systemat pourra confirmer qu'ils font du bon travail: il ne risque pas d'avoir une demande de support pour des pc qu'on n'utilise pas