Le fondateur de Megaupload libéré sous caution
Rédaction en ligne
mercredi 22 février 2012, 07:46
Kim Dotcom a été assigné à domicile. La justice néo-zélandaise lui interdit de consulter internet, c’est la condition.
© AFP
Le fondateur du site internet Megaupload.com, inculpé pour escroqueries et violations des droits d’auteurs et dont les Etats-Unis demandent l’extradition, a été libéré sous caution mercredi par la justice néo-zélandaise, a-t-on appris de source judiciaire.
Kim Schmitz, alias « Kim Dotcom », un Allemand de 38 ans, avait été interpellé le 20 janvier dans sa somptueuse propriété d’Auckland (nord), avec trois autres responsables de Megaupload.
Le juge Nevin Dawson a cassé deux précédentes décisions de justice maintenant derrière les barreaux le millionnaire sous prétexte qu’il risquait de fuir le pays. Selon le juge, ce risque de fuite est atténué par le fait que tous les avoirs de Dotcom ont été saisis et que les enquêteurs n’ont pas découvert de nouveaux comptes bancaires à son nom depuis son arrestation. « Il a toutes les raisons de rester (ici) avec sa famille et de se battre pour récupérer ses biens », a expliqué le juge.
« Je suis soulagé de pouvoir rentrer chez moi et voir ma famille, mes trois jeunes enfants et ma femme qui est enceinte », a déclaré aux journalistes Kim Schmitz, qui a passé un mois en prison.
Le juge a interdit à Kim Schmitz de consulter internet et de réserver des vols par hélicoptère. Il doit rester dans sa propriété d’Auckland, à moins d’une urgence médicale.
Un revers pour la justice américaine
La décision du juge néo-zélandais est un revers pour la justice américaine, qui réclame l’extradition de l’homme d’affaires et de trois autres responsables du site. Tous sont désormais en liberté sous caution.
Créé en 2005 et installé à Hong Kong, le site Megaupload, qui affirmait rassembler chaque jour 50 millions d’utilisateurs et représenter 4 % du web, a été fermé le 19 janvier par la justice américaine.
Elle accuse les responsables du site d’avoir tiré 175 millions de dollars US (132 millions d’euros) d’activités criminelles et causé un préjudice de 500 millions de dollars US aux détenteurs des droits, en proposant des copies piratées de films de cinéma, de programmes télévisés et d’autres contenus.
Sur la seule année 2010, Kim Schmitz, dont la presse néo-zélandaise se plait à décrire le style de vie extravagant --cadillac rose et piscine remplie d’eau minérale-- aurait gagné 42 millions de dollars US.
La demande d’extradition des responsables du site présentée par les Etats-Unis devrait être entendue le 20 août. Les autorités américaines ont indiqué qu’elles réclameraient la peine maximale de 20 ans de prison, en cas de procès aux Etats-Unis.
(avec AFP)
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@ tcheuyell - Par ailleurs, le fait que Sony (par exemple) fasse son beurre en vendant des graveurs DVD puis vienne se plaindre du piratage et se positionner en victime, c'est d'une hypocrisie qui fait froid dans le dos.. Les majors ont toutes les cartes en main pour régler une fois pour toutes et de façon magistrale le problème du piratage à l'échelle mondiale, tout en récupérant une partie du supposé manque à gagner qu'ils dénoncent: il leur "suffirait" de créer un Megaupload officiel, basé sur le même modèle financier (qui visiblement était assez efficace) ... mais ils préfèrent continuer leur politique de lobbying pour faire édicter des lois qui n'auront comme seul résultat que de pousser les pirates à être de plus en plus professionnels et organisés.. L'étape suivante est ACTA, et ensuite, les perquisitions de disques durs par n'importe qui sur simple soupçon.. L'avenir me semble bien sombre, surtout quand je vois des gens comme vous qui nous y précipitent en étant persuadés que c'est "bien".
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@ tcheuyell - Que le piratage ne soit pas "bien", c'est un point de vue qui se défend, même si au final, les seules victimes de ce délit sont des majors multimilliardaires qui exploitent honteusement les artistes, au final, cela ne justifie en effet pas de pirater à tout va.. Par contre, votre argumentation est ultra-simpliste.. Comparer des situations distantes de 50 ans, avec toutes les mutations technologiques que cela implique est ridicule. Quand la radio a commencé à exister, les artistes qui ne passaient pas à la radio étaient voués à disparaitre, c'est pareil pour Internet. On parle d'évolution technologique là, votre argument est donc assez hors sujet. Enfin, que le piratage soit "mal" ne derait pas servir de justification à des horreurs comme ACTA ou autres traités liberticides.. ni à faire arrêter quelqu'un au mépris des règles de droit international.. La solution est une mutation du système actuel. Viendra-t'elle des majors ou des pirates? ..la question reste ouverte.
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Et quand vous parlez de piratage, vous parlez de la "propriété intellectuelle" de Monsanto, des bagarres de brevets entre Apple et Samsung (ou Microsoft et Motorola [Google]), de la main-mise de Sarkozy et Berlusconi sur la presse ou de Arselor-Mittal vis-à-vis des aides de la Wallonie ?
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les marques étaient bien évidemment "floutées", mais qu'importe. donc, si les gens du reportage utilisent du matériel Sony, c'est ok...mais si c'est Dell, Tokai, Panasonic ou autre, c'est mal ? et puis, si leur politique commerciale ne vous plait pas, rien ne vous force à acheter leurs produits, vous être tout de même encore libre à ce point de vue, non ? et cela ne justifie selon moi pas du tout le piratage...
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JulieMad, pour étendre votre exemple, les deux entreprises à l'origine du CD et du DVD sont Sony et Philips, toutes deux font partie des majors, toutes deux sont actives dans le domaine informatique avec des PC, des graveurs, les supports vierges. Finalement, elles se plaignent de ce qui leur a bien rapporté, et pas qu'avec les CDs/DVDs, car il faut se souvenir de l'époque des baladeurs à K7. Seulement, le marché se dématérialise, les serveurs de Sony sont mal fréquentés, peut-être en premier lieu pour ce qu'ils ont fait au décès de Whitney Houston : augmenter les prix anticipativement à la demande sans que ça se justifie nullement par des frais de production. Alors pour moi la question de savoir qui sont les plus gros pirates ne se pose plus. Oui, le piratage c'est mal. Et la résistance est justifiée. Seulement, Intel a préparé la parade avec ses processeurs Ivy-Bridge qui interdiront la copie de manière matérielle. La culture est mal barrée.