POUR ELOIGNER LES NOIRS NUAGES,LE SOIR FAIT LA FETE EN ROSE ET EN GALAS RENOMMES

Pour éloigner les noirs nuages,

«Le Soir» fait la fête en rose

et en galas renommés

Années 60 et 70. les vedettes côtoient le public pour aider le cinéma harcelé par le petit écran. L'époque est en plein «boum » économique et l'atmosphère festive. La Belgique est une plaque tournante où se teste l'impact des films. «Le Soir» organise de brillants galas où lecteurs, artistes et têtes couronnées s'unissent pour des soirs de joies. Dans un même élan, l'Union de la critique belge, alors présidée par un chroniqueur de notre journal, lance des avant-premières pour Bergman, Kurosawa, Polanski, Kubrick, Bertolucci.

Paul Louka

et Charmian Carr,

vedettes du gala

«La Mélodie

du bonheur»

Une fois encore, Bruxelles a connu une très belle soirée qui, comme ce fut déjà le cas précédemment avec «My Fair Lady», «West Side Story» et «Mary Poppins», était placée sous le double patronage - combien bénéfique et chatoyant - de la comédie musicale américaine et de la chanson française.

Et «The sound of music» (La Mélodie du bonheur)?

Comme ce nouveau sommet de la comédie musicale américaine ne sortira sur les écrans que dans une semaine, nous nous réservons le droit d'en reparler plus en détail dans d'autres éditions. Qu'il nous soit permis pourtant d'insister d'ores et déjà sur l'extraordinaire impression que dégage cette adaptation par Robert Wise, Rogers et Hammerstein, trois incomparables fabricants de succès, des aventures de la célèbre famille Trapp.

Somptuosité des décors du Tyrol, richesse d'une intrigue sentimentale où, à la joie de vivre «à l'autrichienne» succède le drame de l'Anschluss, merveilleuse interprétation de Julie Andrews (une gouvernante qui a abandonné son parapluie magique de «Mary Poppins», pour se consacrer cette fois à l'éducation chantante des sept enfants du baron von Trapp), emploi très habile de l'écran géant : le tout-Bruxelles a applaudi ce «spectacle total» évidemment promis à une carrière triomphale... La preuve : projeté depuis trente-sept semaines aux Etats-Unis, «The sound of music» est déjà en passe de battre les records d'«Autant en emporte le vent»...

Paru le 17 décembre 1965.

Un accueil

triomphal pour le

«Docteur Jivago»

Plantes vertes et tapis rouges... Le décor est immuable ou presque, mais toujours aussi impressionnant. Fidèle aussi, en quelque sorte, comme d'ailleurs la présence devant le hall violemment éclairé de l'Eldorado de centaines de badauds qui, qu'ils le veuillent ou non, sont bien obligés de taper du pied. C'est que dans un secteur très immédiat se trouvent les musiciens de la gendarmerie. Des musiciens qui, placés sous la direction de M. Mengal, y vont de tout leur coeur, de tous leurs poumons devant le cinéma comme à l'intérieur de la salle.

Pour le reste, il n'y a plus qu'à patienter, en battant la mesure. Une mesure qui ne sera pas dépassée, car à l'heure dite, les princes de Liège arrivent sans laisser au public l'occasion de se gendarmer. Longue limousine noire et bref baisemain : la princesse Paola, somptueux manteau de soirée en broché garni de parements de vison blanc, et le prince Albert arrivent...

À l'intérieur du hall, face aux vestiaires très rapidement encombrés, c'est la cohue, une cohue qui, en quelques instants, va se désintégrer, car le spectacle, Mesdames et Messieurs, commence !

Le Tout-Bruxelles, d'un seul coeur, s'est joint à l'opinion générale et a fait au «Docteur Jivago», de David Lean, un accueil absolument triomphal !

Paru le 9 décembre 1966.

MAC QUEEN

S'ÉVADE

C'est dans un tonnerre d'applaudissements que les 32 musiciennes de la Royal Air Force montèrent sur la scène du Métropole, ornée de drapeaux anglais et belges, tout en jouant le thème de la « Grande Évasion».

Conçu pour plaire à une grande variété de publics, ce film impressionna le public frappé par la maîtrise du réalisateur ainsi que par la qualité de l'interprétation de Steve Mac Queen (la séquence où il cascade sur une moto est sensationnelle), James Garner et Richard Attenborough.

Paru le 22 novembre 1963.

Sean Connery

est l'hôte

de Bruxelles

Sean Connery a pu constater que les trompettes de la renommée non seulement le précédaient mais aussi le suivaient puisqu'au cours de sa visite à l'Hôtel de Ville, celle que Victor Janssens a peinte dans l'«Assemblée des dieux» qui orne le plafond de la salle du Conseil communal le poursuivit littéralement pendant qu'il faisait le tour de cette dernière en vérifiant cette amusante illusion d'optique.

Quelques instants avant, M. Cooremans, bourgmestre de la capitale, avait accueilli «Shalako» dans son cabinet en présence de la plupart des personnalités qui assistaient à la réception du midi. Guidés par M. Olivier Delville, organisateur des galas phil-anthropiques du «Soir», les participants admirèrent ensuite, successivement, le bureau de Mme Van Leynseele, échevin de l'Instruction publique et des Beaux-Arts, la salle des mariages et la grande salle gothique, une charmante hôtesse de la Ville commentant cette visite en décrivant tableaux, tapisseries et meubles qui sont les joyaux de cet écrin qui fait, à juste raison, la fierté des Bruxellois.

Le temps de se rendre au coin des rues de l'Etuve et du Chêne, et le populaire acteur n'allait pas tarder à découvrir l'activité du plus vieux bourgeois de la Ville. Avant de l'inviter à dévoiler la statuette masquée par un étincelant drapeau belge, Mme Van Leynseele, en une spirituelle improvisation, souligna que Manneken-Pis symbolise nos libertés, celles-là mêmes qui sont si chères à la Grande-Bretagne dont Sean Connery est, on le sait, un digne représentant. Et si ce dernier n'a pas été gratifié, durant son séjour, d'une averse bien de chez nous, il n'en a pas moins été arrosé de manière que l'on devine par l'irrespectueux petit bonhomme qui avait revêtu, pour la circonstance, un costume identique à celui de Sean Connery dans «Shalako», mot qui, rappelons-le, veut dire «dieu de la pluie». Tout un programme pour Manneken-Pis !

Paru le 1er novembre 1968.

AUDREY HEPBURN ET ADAMO

AU GALA «MY FAIR LADY»

Le Tout-Bruxelles a fait un triomphe au somptueux film de George Cukor. Des rafales de rires, des bravos et aussi des moments d'émotion, un accueil particulièrement chaleureux à l'étonnante et merveilleuse adaptation cinématographique que George Cukor a tirée de la comédie musicale «My Fair Lady». L'accueil du public fut à la mesure des qualités de ce film où la richesse des décors et des costumes le dispute à la précision d'une interprétation, laquelle est d'une homogénéité et d'un brio dont il y a peu d'exemples et où le raffinement des couleurs épaule une musique que le disque a depuis longtemps popularisée mais qui, la sortie du film aidant, connaîtra un très grand regain de popularité.

Sans doute faut-il remonter à «West Side Story» pour trouver une réussite équivalente en même temps qu'une oeuvre qui soit pareillement susceptible de rallier tous les suffrages. Suffrages recueillis aussi par Adamo qui, sur la scène, nous régala de ses chansons.

Paru le 11 décembre 1964.

La première

de «Shalako»

en présence de la

princesse Paola

Sean Connery et Georges Ulmer ont été les vedettes d'une soirée applaudie par le Tout-Bruxelles... Un merveilleux et sympathique costaud, Sean Connery, une fois pour toutes «déBondé» et qui, apparemment en est fort heureux : une figuration très élégante composée des charmantes élèves de l'école d'esthéticiennes Lise Loriot qui, dans une toilette western stylisée, composaient une ravissante garde d'honneur; un Georges Ulmer en pleine possession de son talent multiforme et qui recueillit un triomphe à la mesure de ses extraordinaires dons de showman «total». Ponctuant le tout, un western, «Shalako», classique sans doute, mais coupé façon grand faiseur, aux exactes mesures de Sean Connery et de Brigitte Bardot... Copieux programme qui, s'il avait été présenté en des territoires moins pacifiques, aurait été salué par des salves de « Winchester» pointées au plafond. Grande soirée qui illumina le ciel de Bruxelles.

Paru le 1er novembre 1968.

Charlton Heston

au «Soir »

Fantastic ! Charlton Heston, alors qu'il pénétrait dans le local où avait lieu la réception offerte en son honneur par notre journal, ne put contenir l'impression qu'il ressentait de se retrouver parmi les oriflammes, les épées, les boucliers, les dagues qui, durant les nombreuses semaines de tournage de «El Cid», lui avaient été familières. Félicitant chaudement M. Roberto Carpio, directeur artistique de la production et décorateur de la magnifique exposition ouverte au «Soir», le robuste et photogénique «Campeador 1961» se pencha presque amoureusement sur les dizaines de casques et de lances, clamant sa joie de retrouver «son» épée...

Présenté aux personnalités par M. Charles Breisdorff, rédacteur en chef, Charlton Heston, mitraillé per les photographes et les cameramen, passa longuement en revue les divers panneaux de l'exposition, avant de s'en aller vers d'autres tâches représentatives.

En raison de son succès, l'exposition «El Cid» organisée au «Soir» (étage B, entrée rue Royale) est prolongée jusqu'au mercredi 13. L'entrée est gratuite. On y voit des costumes, des armes, des étendards, des bijoux, des objets, des harnais utilisés pour le tournage du «Cid» ainsi que de splendides photos en couleurs de Sophia Loren et Charlton Heston.

Paru le 9 décembre 1961.

UN TRIOMPHE

POUR «LAWRENCE D'ARABIE»

L'ordre était formel : tous en place à 19 h 45, la longueur inusitée du chef-d'oeuvre de David Lean et Sam Spiegel (3 heures 25 !) contraignant ambassadeurs et présidents à gagner leur place plus tôt que de coutume. L'ordre ne fut qu'à demi respecté : jamais les vestiairistes du «Métropole» n'avaient du faire face à tant de visons, manteaux de soirée, foulards blancs...

Il fallut trente minutes aux «tourisme grand sport» et aux longues limousines pour déposer, dans l'étroit boyau de la rue Neuve, des invités fatalement englués dans un inévitable embouteillage ! Cent fois, deux cents fois, les gants blancs des portiers du «Métropole» happèrent au vol les poignées des voitures. Étonnant ballet qui fut soudainement stoppé à la surprise de tous ceux qui stationnaient sur les trottoirs : «quelque chose se passait» !

Quoi ? L'arrivée d'un monsieur qui contemplait l'énorme affichage représentant l'irrésistible Peter O'Toole vêtu du burnous de Lawrence. Sam Spiegel !

Le producteur de «Lawrence d'Arabie», visiblement, ne regrettait pas son déplacement : la première continentale de «son» film, présenté à Bruxelles 24 heures avant Paris, était un énorme succès !

Paru le 16 mars 1963.