Les œuvres de Schöffer à Liège

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Tout commence il y a trois ans lorsque se souvient Eléonore, veuve de l’artiste plasticien Nicolas Schöffer, des représentants de la Fédération Wallonie-Bruxelles sont allés la rencontrer dans l’atelier parisien qu’elle habite depuis le décès de son mari : « Ils m’ont expliqué qu’ils voulaient que toutes les œuvres de Nicolas soient exposées à Liège. » Une bonne idée, estime en substance cette fringante octogénaire car « c’est à Liège, dans le parc de la Boverie, que Nicolas a construit sa première tour cybernétique, la plus grande aussi. »

Depuis, les tractations se poursuivent, mêlant notamment Mme Schöffer, son notaire et ses avocats d’une part, la Fédération, les musées liégeois et la Ville de Liège d’autre part. Avec un objectif commun : exposer au musée de la Boverie – la lumineuse extension de Rudy Ricciotti, face à la Dérivation, serait tout indiquée – les centaines d’œuvres laissées à sa veuve par le plasticien franco-hongrois, décédé en 1992. « Ce musée est le lieu tout indiqué, souligne le directeur des musées liégeois, Jean-Marc Gay. Il est voisin de la tour cybernétique, une des œuvres majeures de Nicolas Schöffer, et d’ailleurs actuellement en cours de restauration. »

« Mais dans un premier temps, nuance Eléonore Schöffer, les archives ne seront, elles, pas conservées à Liège car il faut un lieu spécialement adapté. Il avait un temps été envisagé de les conserver rue Féronstrée mais cette piste a été abandonnée, nous sommes maintenant à la recherche d’un lieu adéquat. » L’architecte français Guillaume Richard, qui a mis en scène la rétrospective Nicolas Schöffer actuellement exposée à la Kunstalle de Budapest, devrait être le scénographe de l’exposition permanente au musée de la Boverie.

Il y a peu, l’ensemble de la collection a été inventorié et évalué par un expert indépendant à 28 millions d’euros : « Après le décès de Nicolas, j’ai tout conservé, reprend Eléonore Schöffer. Je ne voulais pas que ses sculptures et dessins se retrouvent sur le marché de l’art car j’estime que quand on disperse une œuvre, il devient difficile de bien la comprendre. »

Même si chacun se réjouit de voir les œuvres quitter les bords de la Seine pour ceux de la Meuse, il reste à trouver le montage juridique adéquat : la création d’une fondation ? Une donation ? Une vente en viager ? « Quelle que soit la formule retenue, le dossier avance bien, j’espère qu’il pourra aboutir dans les mois qui viennent », conclut Jean-Marc Gay.