Kamikaze Rider: la lettre est bien celle d'un homme prêt à commettre un attentat

Les enquêteurs ont trouvé une lettre sous forme de testament de Mohamed Karay (27 ans), l’un des deux membres du gang de motards « Kamikaze Riders » soupçonné d’avoir planifié une attaque terroriste à Bruxelles à la fin de l’année.

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La police fédérale a trouvé cette lettre d’adieu sauvegardée sur l’ordinateur de Mohamed Karay. C’est ce que différentes sources ont confirmé à nos collègues du Standaard. En revanche, le bureau du procureur fédéral n’a pas officiellement confirmé cette information ni même voulu la commenter que quelque manière que ce soit. La lettre était datée du 1er décembre. La missive, qui n’a jamais été imprimée, a le format « classique » d’une lettre de martyre, telle qu’écrivent les kamikazes potentiels en passe de perpétrer un attentat-suicide ou les djihadistes qui s’en vont au combat et qui savent qu’ils pourraient ne pas en revenir.

Selon le Standaard, la lettre ne donne pas de détails sur l’attaque.

Il avait parlé de son projet à d’autres motards

Pour rappel, Mohamed Karay et Saïd Saouti, tous deux originaires d’Anderlecht, ont été arrêtés mardi dernier après que la police fédérale les a soupçonnés de vouloir procéder à une attaque d’ampleur sur la Grand-Place de Bruxelles le soir de la Saint-Sylvestre. La police leur prêtait également l’intention d’attaque un commissariat de police du centre de Bruxelles.

Saouti avait semble-t-il ouvertement parlé de ses plans avec certains autres membres des Kamikaze Riders, rapporte De Standaard. Ce club de motards a été fondé par Saïd Saouti lui-même il y a quelques années. Cette information a été confirmée par quelques membres des Kamikaze Riders au parquet fédéral. Mais tant Saouti que Karay ont toujours nié en bloc qu’ils étaient impliqués dans quoi que ce soit dans cette affaire. Du reste, aucune arme ni aucune trace d’explosifs n’ont été trouvées aux domiciles perquisitionnés des deux protagonistes.

La défense de la famille ne tient pas

Dans sa lettre, Mohamed Karay prend congé de sa famille, à qui il annonce qu’il laisse sa voiture, sa moto et son quad. Ce qui est moins classique, c’est qu’il conclut sa missive par une blague. « Cette lettre n’a rien à voir avec de soi-disant projets d’attentats, a réagi un proche de la famille, auprès de l’agence belga, lundi soir, Mohamed a écrit cette lettre à la suite du décès de son père, qui a eu lieu il y a longtemps, et sa famille était au courant de son existence. La lettre était destinée à sa famille, au cas où il décéderait au cours d’acrobaties de moto. Il y demande notamment d’être rapatrié au Maroc afin d’être ainsi réuni avec son père. »

Une défense battue en brèche par une source proche du dossier. Selon nos informations, la lettre est bien le message d’un homme qui est sur le point de commettre un attentat.

Elle est «  clairement liée à une intention de commettre un attentat  », affirme notre source, qui exclut l’hypothèse que cette lettre ait été rédigée à propos d’un potentiel décès du suspect au cours d’une manœuvre à moto, comme le soutient son entourage. «  Il n’est d ailleurs pas rare que ce type de lettre d’adieu soit retrouvée au domicile de djihadistes partis combattre en Syrie  », poursuit cette source.

Par contre, on ignore quand exactement Mohamed Karay aurait rédigé cette lettre.