Massacre à la préhistoire

Crânes perforés, fronts fracassés, genoux brisés, coups à la tempe et au cou, mains cassées : ce sont des corps violentés que les archéologues et anthropologues de l’Université de Cambridge ont découverts au Kenya dans la région semi-désertique de Nataruk, près du lac Turkana. Les 27 squelettes d’hommes (13), de femmes (8) – une était enceinte – et d’enfants (6) vieux de 10.000 ans présentent pour la plupart des traces de blessures mortelles. Se sont-ils violemment disputés ? Sont-ils morts au combat ? Ont-ils été surpris et attaqués par un groupe opposé ? Pourquoi ont-ils été massacrés ?

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AFP

Nul ne saura jamais ce qui est exactement passé mais la position des corps, – une femme devait avoir les pieds et les mains ligotés – et l’omniprésence de blessures sur les squelettes semblent attester que ce n’est pas un conflit au sein du groupe qui s’est produit il y a dix mille ans mais une attaque en règle. Ces individus ont vraisemblablement été attaqués. Et la découverte modifie une conception bien ancrée chez certains anthropologues selon laquelle la guerre n’existait pas quand les hommes étaient nomades et s’adonnaient à la chasse et la cueillette. Les nomades ne seraient pas agressifs et violents. Les hommes auraient commencé à se faire la guerre quand ils sont devenus des agriculteurs sédentaires et des propriétaires. Or les squelettes découverts au Kenya remontent à une époque où les hommes étaient nomades… Ces 27 hommes se sont-ils fait tuer pour un territoire à conquérir, des femmes et des enfants à voler ?