Airvisual propose une appli pour contrôler la qualité de l’air

Pékin est réputée pour sa pollution . En décembre, les autorités décrétaient la ville en alerte rouge, une mesure inédite.

Yann Boquillod, un ingénieur français vivant en Chine depuis 17 ans a développé Airvisual, une start-up dédiée aux prévisions sur la qualité de l’air.« Le but est de fournir les outils et les informations directement aux populations pour qu’elles puissent se protéger de la pollution », explique-t-il.

Airvisual est une « entreprise sociale » donc d’intérêt général. Cela signifie qu’elle est non tournée vers le profit mais vers le développement d’une « communauté » internationale d’acteurs sensibilisés à la pollution de l’air. Une dizaine d’autres ingénieurs et passionnés de la qualité de l’air y participent.

Le « Airvisual Node »

« Prévoir la pollution de l’air est beaucoup plus compliqué que de prévoir le temps, explique Kelsey Duska, responsable marketing chez Airvisual. Notre objectif est de faciliter la visualisation de la qualité de l’air par les personnes dans leur environnement ». Or, beaucoup de villes dans le monde sont faiblement ou pas du tout dotées de systèmes pour mesurer la pollution atmosphérique

Partant de ce constat, les ingénieurs d’Airvisual ont mis au point un boîtier : le «  Airvisual Node  ». Cet outil permet de mesurer précisément et en temps réel, le niveau de pollution de l’air en PM 2,5. Ces particules fines d’un diamètre inférieur à 2,5 microns sont particulièrement dangereuses car elles pénètrent profondément dans les poumons.

Ce boîtier, relié à un système d’ordinateurs « big data » permet de dresser une carte mondiale de la pollution atmosphérique. Chacun peut en consulter les données via une application pour smartphone.

© Airvisual
© Airvisual

Cette carte, déjà disponible sur le site d’Airvisual, est actuellement fondée sur les données officielles fournies par quelque 5.000 villes dans le monde. Elle permet d’établir des prévisions sur la qualité de l’air sur trois jours dans ces villes.

Décupler l’enrichissement des données

L’acquisition du boîtier par des milliers d’utilisateurs permettrait de décupler la précision de ces données. La couverture mondiale du phénomène serait étendue, notamment sur des continents qui sont largement dépourvus d’un système de mesure comme l’Afrique ou l’Amérique latine. Les tendances positives ou négatives de la qualité de l’air seraient ainsi plus vite décelées.

© Airvisual
© Airvisual

« En créant ce mouvement, on doit parvenir à complémenter et enrichir les sites gouvernementaux » et permettre aux populations comme aux autorités d’avoir « une bien meilleure visibilité » d’un phénomène de plus en plus considéré comme un fléau sanitaire.

Airvisual a lancé lundi sa première opération de « crowdfunding » afin de financer la production à grande échelle de son boîtier. Développé en Chine, il doit être commercialisé à 199 dollars dans le monde.

Le site de Airvisual