Echanges et distribution : repenser les circuits

Réduire les kilomètres parcourus par les aliments entre la fourche et l’assiette, diminuer l’impact de l’agriculture sur l’environnement, renforcer notre souveraineté et sécurité alimentaire, soutenir l’économie d’une localité… les dimensions de la relocalisation de l’agriculture sont nombreuses !

En aval de la production locale, la relocalisation de l’agriculture passe aussi par la création de nouveaux circuits de vente plus adaptés à une distribution locale. Les circuits courts* qui émergent aujourd’hui comme de réelles alternatives à la grande distribution sont le fruit d’efforts considérables de la part des producteurs, des consommateurs, des transformateurs et des pouvoirs publics.

Ces circuits permettent notamment au producteur de dégager un revenu plus décent grâce au non-recours aux intermédiaires « classiques » (transporteur, transformateur, logisticiens, grossistes…). Autre retombée favorable des circuits courts au delà du volet économique : la reconnexion entre producteurs et consommateurs et une réappropriation du patrimoine culturel alimentaire grâce à un contact direct.

Ainsi, les circuits courts tendent vers l’effacement de la division (sociale et spatiale) entre villes et campagnes et de la norme du « tout au supermarché ». En découlent une plus grande sensibilisation aux métiers de production et à la réelle valeur des produits, mais aussi une transparence accrue dans le chef du producteur (modes de culture et d’élevage, origine des produits…).

Vert d’Iris International cultive en milieu péri-urbain à Bruxelles, et construit progressivement son réseau de vente depuis 2013 en y intégrant restaurants, épiceries bio et particuliers bruxellois : tous amateurs de nouveaux goûts, de transparence, de produits ultra-frais et d’un contact renoué avec la terre et ceux qui la travaillent. L’équipe de Vert d’Iris accueille sur le terrain citoyens et collaborateurs des restaurants et épiceries lors de visites ou de chantiers participatifs. A ce jour, certains partenaires commerciaux sont également devenus coopérateurs, en achetant une part sociale de la coopérative : TAN (Chatelain), Färm.coop (Centre, Mérode & Hankar), Cipiace (St Gilles), Le Max (Schaerbeek) et CHEZWawa (Ixelles).

En 2015, Vert d’Iris fait un pas plus loin et propose à ses partenaires clients de prendre part à un projet pilote de valorisation de leurs déchets organiques par le compostage. Avec le soutien du Brussels Waste Network et de Bruxelles Environnement, la coopérative met à profit ses circuits de distribution établis pour récupérer des déchets qui seront ensuite compostés sur ses terrains à Anderlecht.

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Ce faisant, les restaurants et épiceries partenaires sont débarrassés de certains déchets et Vert d’Iris valorise son trajet retour vers le potager qui se faisait auparavant à vide. Aussi, les déchets contournent l’étape incinérateur et le sol du potager est nourri grâce à un compost de qualité – amendement précieux en agriculture biologique s’il en est ! La mise en place de telles synergies est possible grâce aux circuits courts, et offre un aperçu du potentiel de la mise en place d’une économie plus circulaire.

* Entendus ici par des circuits avec maximum un intermédiaire entre producteur et consommateur.