«Remember Souvenir», le projet fou de Denis Meyers

Le 29 septembre 2015, Denis Meyers posait son premier mot à la peinture noire sur un mur de l’ancien bâtiment de Solvay, à Ixelles. Pendant huit mois il ne s’est jamais arrêté jusqu’à aujourd’hui, jour de son vernissage.

En tout, il aura fallu plus de 1.500 bombes, 500 litres de noir et quelque 150 carnets pour habiller de milliers de phrases et de dessins les 25.000 m² de murs, fenêtres, objets, cloisons, portes et plafonds de l’immeuble.

Véritable empreinte de son passé, l’exposition « Remember Souvenir » invite les visiteurs à se plonger dans les souvenirs de l’artiste. Ainsi, sur les murs, on retrouve des visages figés, des prénoms familiers tagués, des inconnus croisés dans le métro immortalisés ou encore des portraits de la scène musicale qui l’ont influencé. Des images et des mots griffonnés pendant plus de 20 ans de carnets de notes et de dessins qu’il a retranscrits avec pudeur, prenant le soin de brouiller phrases et fresques intimes pour se préserver.

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Photo : © Sébastien Alouf.

Si le typographe a pu investir complètement les lieux du bâtiment bruxellois, c’est parce qu’il est voué à la destruction mi-mai. «  Lorsque j’ai appris cela, j ’ai pris contact avec Allfin et BPI, les propriétaires actuels des lieux, et on s’est mis d’accord. Finalement, tout le monde y trouve son compte, moi je dispose de cet énorme bâtiment et eux, ils sont heureux que j’occupe le bâtiment, ça fait une présence et c’est positif pour la sécurité  », confie-t-il à la RTBF .

Un travail colossal pour une exposition qui ne durera finalement que quelques jours. Plutôt paradoxal direz-vous. Mais qui a dit déjà que « l’art est d’autant plus beau qu’il est éphémère » ?

► Les visites guidées de l’exposition organisées par Arkadia débutent ce 23 avril (uniquement le week-end ou sur demande).

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