Brexit: de nombreux Britanniques demandent à être naturalisés belges

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C’est le bourgmestre de Watermael-Boitsfort, Olivier Deleuze (Ecolo) qui nous a alerté. « J’ai reçu ce matin trois demandes de renseignements pour des demandes de naturalisation. C’est exceptionnel. D’habitude, il n’y a aucune demande de ce type. Nous en avons enregistré une en 2013 et une en mars dernier. »

Après un coup de sonde dans les communes bruxelloises et du Brabant wallon, le phénomène s’avère généralisé. Et cela dépasse la demande de renseignement : un nombre significatif d’anglais a carrément déposé une demande de naturalisation. « Nous avons enregistré cinq demandes ce matin, ce qui est évidemment exceptionnel indique Florence Reuter (MR), bourgmestre de Waterloo, une commune qui recense environ 450 Britanniques. Quant aux demandes de renseignements, elles se comptent par dizaines : les services de la population n’ont fait que cela ce matin. »

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De nombreuses demandes à Woluwé-Saint-Pierre, Ixelles et Saint Gilles

Même phénomène à Woluwé-Saint-Pierre. « Il y a eu deux dossiers introduits ce matin, et pendant que je me renseignais, un troisième formulaire rentrait », dit Benoît Cerexhe (CDH) le bourgmestre. Une situation que le maïeur juge hors normes quand on sait qu’il n’y a eu aucun dossier introduit ces quatre derniers mois. « Et les demandes de renseignement affluent. » À Ixelles, la Bourgmestre Dominique Defourny (MR) s’étonne également des informations qu’elle a reçues de son administration : quinze demandes d’informations en vue de naturalisations ont été comptabilisées pendant la matinée : « Pourtant, notre commune compte bien davantage de Français, la communauté britannique n’y est pas si importante ». À Saint Gilles, Charles Picqué (PS) n’a pas connaissance d’introduction de dossiers, mais confirme qu’il a lui-même été contacté par des Britanniques pour des renseignements sur la procédure.

À Forest, un phénomène anecdotique

À Bruxelles-ville, Yvan Mayeur part d’abord dans un grand éclat de rire quand nous lui exposons nos recherches, surpris par la question. Renseignements pris, il a constaté deux demandes d’informations aujourd’hui, ce qui est assez modeste au regard des 1.200 ressortissants britanniques présents sur son territoire (600 d’entre eux sont néanmoins déjà inscrits au registre de population et disposent donc de la double nationalité). Dans la commune de Forest, le «  phénomène  » est clairement anecdotique également : « On me rapporte qu’un Britannique s’est présenté au guichet ce matin », raconte Marc-Jean Ghyssels, le bourgmestre. À Auderghem, Woluwe-Saint-Lambert, Evere ou encore Koekelberg, ce phénomène n’est par contre pas perceptible.

Les bourgmestres qui constatent ces demandes expliquent qu’il s’agit essentiellement de préserver des situations professionnelles. « Ce sont des personnes qui ont un emploi lié à la nationalité, et j’imagine qu’il y a des perspectives lointaines de perdre un emploi dans les sphères internationales. », dit Olivier Deleuze. Même hypothèse du côté de Benoît Cerexhe. « Que supposer ? Que ce sont des fonctionnaires européens britanniques qui ne doivent plus espérer un avancement avec cette nationalité. »

Les maïeurs sont plutôt bien disposés concernant ces demandes. « Je leur dis : you are most welcome, sourit Olivier Deleuze. Et je tiens à les rassurer : on ne vous demande pas de soutenir les Diables rouges. »

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