Raoul Hedebouw sur Caterpillar: «Réquisitionnons! Un arrêté royal suffira»

Raoul Hedebouw le déplore
: «
En Belgique, c’est trop facile de licencier
».
Raoul Hedebouw le déplore : « En Belgique, c’est trop facile de licencier ». - dominique duchesnes.

Il est partout. Plus encore depuis quelques jours et l’annonce de la fermeture de Caterpillar. Le porte-parole du PTB, Raoul Hedebouw, relance son message : il faut « aller au combat ». Il s’explique…

Le PTB n’est-il pas un peu décalé ? Vous parlez de « combat », les autres visent la reconversion, voire la reprise du site…

C’est le débat que nous avions connu après Ford Genk, Opel Anvers, Arcelor : peut-on, oui ou non, remettre en cause la décision d’une multinationale qui ferme un site pour faire de plus en plus de profits ? Quelques jours ont passé et déjà on renonce ? On a là une multinationale qui « exporte » des capitaux sous forme de dividendes – 1,4 milliard d’euros – pour les actionnaires… On ne peut pas l’accepter. La direction ne daigne même pas venir au Parlement ! Elle n’a rien à f… de la démocratie. Donc, oui, il faut être dans le combat. Et agir. Par une réquisition. Qui permet une saisie, ce qui crée un rapport de forces pour discuter et négocier avec la société.

Mais la réquisition, ce n’est pas prévu par la loi.

Quand on a renfloué les banques en 2008, on a fait de l’aide illégale aux entreprises, on a fait sauter le verrou en 24 heures ! La propriété privée a des limites en Belgique, la Constitution l’indique : il faut veiller à l’intérêt public. Il est en danger aujourd’hui, donc on peut agir.

Il faut une loi ?

Un arrêté royal. Avec une réquisition, on pourra négocier avec Caterpillar et exiger de répartir autrement les quotas de production entre les différents sites de l’entreprise.

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