ListMinut : petits services entre voisins

Pas envie de déneiger son trottoir, trop occupé pour faire ses courses ou incapable de réparer son ordinateur? Peut-être qu’un voisin pourrait s’en charger si seulement il était averti de la requête. C’est précisément l’objet de ListMinut.com.

Inspirés par les heureuses expériences américaines en la matière, Alexis Safarikas, Sébastien Scoumanne et Jonathan Schockaert viennent de mettre en pratique leur grand projet de fin d’études : une plate-forme web qui propose de rassembler demandeurs et prestataires de services d’une même région moyennant rémunération.

Le site fonctionne avec une carte géographique comme principale interface utilisateur. Le demandeur y précise le lieu, la nature de sa requête et le prix proposé. Une fois la fiche complétée, les meilleurs prestataires potentiels en sont avertis et lui sont suggérés en fonction de leur proximité et compétences mentionnées dans leur profil d’inscription. Les prestataires inscrits qui ne sont pas repris dans cette sélection automatique sont néanmoins notifiés de la nouvelle s’ils se trouvent dans un rayon de moins de 10 km. Les non-inscrits peuvent simplement voir l’ensemble des demandes sur la carte.

En ce moment sur ListMinut.com dans la région de Wavre : “Je recherche quelqu'un pour m'aider à repeindre mon garage réaménagé. Il s'agit d'un garage de +- 40 m². Je fournis tout le matériel. Temps estimé : 2h30. Prix offert : 100 €.”

Cette redoutable simplicité cache pourtant un long travail de développement, particulièrement complexe au niveau juridique. Qu’en pense le fisc? Que se passe-t-il si mon voisin se coupe un bras en tondant ma pelouse? Quels sont les recours du prestataire en cas de non paiement du demandeur? C’est le casse-tête finalement résolu par les trois entrepreneurs. “Nous sommes allés voir différents services publics fédéraux, des cabinets d’avocats et même certains cabinets de ministres pour éviter le moindre obstacle d’ordre légal. Le but est de proposer un projet pilote en béton.” précise Alexis, COO (Chief Operating Officer, à l’américaine) de ListMinut. 

Ainsi, tant que les transactions passées sur ListMinut ne constituent pas un revenu principal et régulier pour le prestataire, il est parfaitement autorisé de proposer ses compétences contre paiement.

Pour les accidents éventuels, la plupart des demandeurs devraient disposer d’une assurance “responsabilité civile” couvrant les personnes occupées aux tâches domestiques dans le périmètre de la propriété. “De notre côté et en partenariat avec un assureur, nous travaillons à l’intégration automatique d’une assurance au moment de la confirmation de la prestation.
Enfin, nous avons introduit également un système d’évaluation des demandeurs qui devrait rassurer les nouveaux prestataires quant au bon paiement du service. À défaut, notre rôle se limiterait à la médiation.”

Principalement adressé aux étudiants et expatriés

Naturellement, le service s’adresse principalement aux étudiants pour élargir la population des prestataires (la proportion actuelle est d’un prestataire pour quatre demandeurs), mais aussi aux personnes plus âgées. “Ces personnes ont du temps libre et ont parfois des compétences formidables. Nous leur donnons cette opportunité de le faire savoir autour d’elles”. Plus surprenant, le public visé des demandeurs trouve une cible privilégiée parmi les travailleurs expatriés. Alexis explique : “C’est l’un des plus gros réseaux en Belgique, près de 600.000 personnes. Ce sont des gens qui ont souvent beaucoup d’argent et très peu de temps, qui ne connaissent pas grand chose à la Belgique. C’est aussi la raison pour laquelle nous sommes en train de traduire le site en anglais! (rires)”   

Quant à l’aspect économique, une telle plate-forme n’est pas gratuite, mais pas forcément chère non plus. Alexis estime les coûts fixes de maintenance du service entre 150 et 200 € par mois. Il s’agit essentiellement des abonnements aux services et outils web de base de données et d’e-mailing. Des coûts que devraient rapidement recouvrir les commissions perçues - entre 10 et 15% de chaque transaction passée sur le site en fonction des montants. En revanche et pour le moment, comme les trois associés s’y consacrent à plein temps et toute l’année, leur vie est financée par “les trois F, Friends, Family & Fools, comme on dit dans le jargon...américain”.

Encore à ses balbutiements, le projet n’en est pas moins prometteur. Lauréat de la onzième édition de la Start Academy (prix du meilleur executive summary) et récompensé au dernier Mind & Market (prix du meilleur projet en voie de développement et prix du Microsoft Innovation Center), les jeunes gars de ListMinut ont toutes les raisons de croire en l’avenir de leur entreprise.

Au moment d’écrire ces lignes, 880 personnes se sont déjà inscrites sur ListMinut dont 205 prestataires pour 47 heures de dépannage rémunérées...avant même le lancement officiel de la communication. Le début d’une success story?