Le feu couve toujours en Wallonie

A un an d’élections qui décideront de l’avenir du pays, les Wallons auraient eu beaucoup de mal à comprendre que la majorité PS-CDH-Ecolo au pouvoir se déchire ou sombre définitivement sur le dossier du cadre éolien.

Le sujet est important, il engage l’avenir, tout le monde en convient. Mais comment expliquer que l’Olivier se brise les branches au parlement sur cet obstacle-là alors que le projet porté par l’Ecolo Philippe Henry avait été approuvé une semaine plus tôt au gouvernement ? Le ridicule peut tuer, c’était moins une.

Les citoyens n’auraient pas compris que des oppositions idéologiques handicapent le travail gouvernemental alors que des milliers de travailleurs jouent leur peau professionnelle dans les bassins de Liège et de Charleroi. Alors que se présentent des échéances aussi essentielles que l’ajustement budgétaire, le transfert des compétences, le programme Horizon 2022.

Dans des circonstances sociales et économiques aussi dramatiques, le sens des responsabilités doit être la règle et l’abandon de poste n’était pas une solution admissible.

Disons-le donc sans ironie : la réaction salutaire d’Ecolo, la réponse des autres présidents de parti et le comportement adulte des membres du gouvernement ont été à la hauteur des événements. Avec un Rudy Demotte qui a eu l’humilité de reconnaître un manque de pédagogie à l’égard des députés de sa majorité et qui a su rassembler toutes les forces gouvernementales autour de lui.

Mais personne n’est dupe, évidemment. Cette passe d’armes sur le cadre éolien témoigne de deux phénomènes présents et à venir qui ne sont pas pour nous rassurer.

Tout d’abord, l’ambiance toujours à la limite de la rupture au sein de la coalition wallonne. L’euphorie passée, il y a fort à parier que les uns et les autres recommenceront à se chercher des poux sur la tête. Au gouvernement comme au parlement, la chasse à l’empêcheur d’aller de l’avant va recommencer. « C’est pas moi, c’est lui », et ce genre de choses qui témoignent d’une unité de façade, sans plus.

Ensuite, si l’implantation des éoliennes sur le sol wallon a déclenché des hostilités d’une violence inédite entre partenaires de la majorité, il faut craindre le pire pour les quatorze derniers mois de la législature : vous allez voir ce que vous allez voir avec la tarification électrique ou le nouveau code de l’aménagement du territoire, par exemple.

PS, CDH et Ecolo ont réussi à éteindre l’incendie, cette fois. Mais le feu couve toujours. Autant prévenir.