Quand les e-books font (e-)boom

A la Foire du livre de Bruxelles, les visiteurs s’intéressaient beaucoup au livre numérique.
A la Foire du livre de Bruxelles, les visiteurs s’intéressaient beaucoup au livre numérique. - Alain Dewez

Est-ce un frémissement ou les prémisses d’une véritable explosion ? Le marché belge connaît actuellement une franche augmentation des ventes de livres numériques. En France, une récente enquête de l’institut de sondage Gfk révèle que les ventes d’e-books ont représenté 21 millions d’euros en 2012, contre seulement 11 millions l’année précédente. En Belgique, aucun sondage n’a été effectué. Il n’y a donc pas de chiffres. Cependant, en 2012, on sait qu’un Belge sur 13 s’est équipé d’une tablette, contre seulement un français sur 20 ! Sachant qu’en moyenne, 10 à 15 % des détenteurs d’une tablette l’utilisent pour lire des e-books, on peut raisonnablement projeter une dynamisation du marché belge. Thibault Léonard, le fondateur de Primento, une plate-forme créée en 2010 qui se présente comme le partenaire numérique des éditeurs, observe un réel engouement pour le numérique en Belgique : «  Sur base des ventes des e-books des éditeurs dont nous assurons l’adaptation numérique et la distribution, nous observons une croissance de 250 % des ventes en 2012. Ce qui nous permet d’estimer la part des livres numériques à environ 1 % des ventes totales en Belgique pour cette année.  » Bien sûr, on est encore loin des 13 % en Angleterre ou des 17 % aux USA. Mais les ventes d’e-books ne représentent en France que 0,6 % des ventes de livres. Thibault Léonard donne son explication : «  La Belgique est culturellement proche de l’Allemagne, où les ventes d’e-books représentent déjà 2 à 3 % des ventes. Je pense que la Belgique est moins réfractaire au changement que la France, où l’attachement à l’objet livre et à la littérature est très ancré.  »

Qui lit en numérique ?

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les geeks accros à leur tablette ne constituent pas le public principal. Le profil type est un lecteur assidu possédant déjà un certain pouvoir d’achat. Le lecteur numérique a donc bien plus souvent passé quarante ans que la petite vingtaine ! Thibault Léonard ajoute même que les personnes âgées sont très représentées : «  La tablette est plus légère, plus transportable qu’un livre et permet d’agrandir les caractères.  » Une lectrice assidue, rencontrée à la Foire du livre, évoque quant à elle une maladie musculaire qui la fait souffrir quand elle porte des livres trop lourds. Sa maman, elle, a des problèmes d’arthrose dans les mains. La tablette apparaît comme la solution idéale.

Que lit-on en numérique ?

Si l’on en croit le top des ventes de la plate-forme meslivresnumériques.com, ce sont bien les grosses ventes papier qui caracolent en tête. De façon générale, pour le directeur de Primento, «  certains types de lectures vont plus facilement passer au numérique : les livres “consommés”, où la lecture est presque addictive, comme la littérature fantastique, les romans policiers ou sentimentaux de type Harlequin. » Il ajoute que selon lui, «  les livres plutôt ouvrages de fond sont beaucoup plus ancrés dans le papier  ». Le livre papier a encore de l’avenir… s’il n’esquive pas l’enjeu numérique pour la cause.

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