La tour des Finances au coeur d’une instruction

Une tour de 118 mètres est prévue près des Guillemins. La justice s’y intéresse aussi… © DR/Jaspers-Eyers & Parners
Une tour de 118 mètres est prévue près des Guillemins. La justice s’y intéresse aussi… © DR/Jaspers-Eyers & Parners

La police judiciaire fédérale a perquisitionné jeudi matin l’échevinat liégeois de l’Urbanisme et celui des Finances, le service de l’Urbanisme, la direction liégeoise de l’Aménagement du Territoire ainsi que le siège bruxellois de Fedimmo, l’opérateur retenu pour construire la future tour des Finances. Une visite a aussi été rendue à la direction liégeoise de la Régie des Bâtiments, le parastatal chargé de gérer le patrimoine immobilier du fédéral. Il s’agit pour la justice liégeoise de s’assurer de la légalité de l’attribution du marché en 2009 par la Régie à Fedimmo.

A l’origine de ce dossier, des suspicions que Marc Uyttendaele, précédemment consulté par la SNCB dans le cadre de son recours au Conseil d’Etat contre ce projet de tour, aurait partagées par écrit avec l’Office central pour la répression de la Corruption. Le courrier fut transmis à la justice liégeoise, une information fut ouverte à l’été 2012 et au mois de février 2013, une instruction pour de présumés faux en écriture et infractions à la législation sur les marchés publics pris le relais. C’est dans ce contexte qu’une série de perquisitions a été ordonnée par le juge Philippe Richard jeudi matin.

L’enjeu est donc de vérifier s’il n’y a pas eu d’entrave à la concurrence lors de la passation de ce marché de promotion.

Lors de son appel d’offres européen, la Régie des Bâtiments avait exigé des candidats qu’ils obtiennent de la Ville un certificat d’urbanisme nº2 – un document donnant un premier avis officiel sur un avant-projet ou une esquisse. Cinq projets furent d’abord présentés, deux étaient plus crédibles que les autres car proches de la nouvelle gare : l’un était monté par la SNCB (qui rêvait de loger les 1200 fonctionnaires des Finances rue Paradis), l’autre par Fedimmo (qui avait l’ambition d’une tour de 28 étages au bord de la future esplanade). Mais la SNCB ne pouvant amender dans les – courts – délais son projet comme le réclamait la Ville, Fedimmo fut le seul soumissionnaire à se faire connaître de la Régie des Bâtiments. Faute de concurrence, le marché lui fut donc attribué.

Trop facile ? Les jeux étaient-ils pipés afin que Fedimmo – qui est déjà propriétaire de l’actuel siège liégeois des Finances mais aussi d’une cinquantaine d’autres immeubles de bureaux loués à l’Etat belge – emporte le morceau ? La société a fait savoir jeudi dans un communiqué qu’elle avait « scrupuleusement respecté toutes les procédures légales dans le cadre de ce dossier ».