Vande Lanotte et De Coninck portent plainte contre l’Allemagne

Des travailleurs de l’Est groupés dans des casernes. Des Roumains et des Bulgares qui travaillent 10 heures par jour dans des abattoirs, y compris la nuit pour des salaires de 5, 4, voire 3 euros de l’heure, sans sécurité sociale, sans assurance-maladie et sans droit à la pension. Cela ne se passe pas en Chine. Mais en Allemagne, aux portes de la Belgique, et en toute légalité.

Après avoir recueilli des témoignages, le ministre de l’Econonie, Johan Vande Lanotte et la ministre de l’Emploi, Monica De Coninck ont décidé de déposer plainte à la suite de récriminations émanant du secteur de la viande en Belgique. «Plusieurs de ces entreprises ont commencé à restructurer ou délocaliser vers l’Allemagne car elles ne parviennent plus à faire face à cette concurrence», explique Johan Vande Lanotte. «L’une d’entre elles ne découpe plus la viande en Belgique, mais coupe les carcasses en quatre et les envoie vers l’Allemagne. Là, des travailleurs à très bas salaires s’occupent de la découpe et c’est beaucoup plus rentable. Ces pratiques sont inadmissibles», souligne-t-il encore.

L’Allemagne est en règle mais les fraudes sont nombreuses

La plainte vise donc à mettre fin à ces «pratiques indignes», bien que l’Allemagne soit en règle avec les directives européennes. Elles permettent que des travailleurs des pays de l’Est soient détachés en Allemagne mais les fraudes sont très nombreuses. Des milliers de travailleurs sont actives en Allemagne à des conditions déplorables non pas à titre provisoire, comme le veut la législation, mais à titre à définitif, par des jeux de sociétés fictives.

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