Le mid-week foot en un coup d'oeil

Olivier Deschacht a reçu un carte rouge contre Lokeren
Olivier Deschacht a reçu un carte rouge contre Lokeren - Belga

Le succès de la semaine

Alleluiah! Alleluiah! Ça y est, cette fois c'est la bonne: Anderlecht la tient enfin, cette première victoire dans les PO1! Bon, ok, c'était face à Lokeren, l'équipe intruse de ces PO1 qui semble porter comme un fardeau cette participation héroïque au festin des géants, mais tout de même. Ce succès, net, sans bavure et aussi rapidement plié qu'une tente Quechua au Festival de Dour, il leur rapporte six points divisés par deux, auxquels je n'ajoute même pas un demi-point de compensation pour avoir fini premier ni n'en retranche un autre demi pour cartons rouges à répétition ou pénos sur la place de la Vaillance (on y revient).

Bref, ce jeudi soir, alors que le grand public aura été confronté à un dilemme cathodique absolument insoutenable (je mate Bruges-Zulte Waregem ou 69 minutes sans chichis avec l'immense et hilarante Anne Roumanoff?), le Sporting sera premier avec deux points d'avance sur Zulte Waregem s'il s'impose en Venise du Nord, quatre sur le Standard et Genk (et éventuellement Zulte Waregem) dans le cas contraire. Un gouffre, quoi!

A l'heure d'analyser posément et objectivement ce premier succès mauve depuis des plombes, que peut-on retenir? Que l'association Mbokani (qui n'a pas marqué, ce looser) – De Sutter (qui a de nouveau marqué, lui, et mériterait le Soulier d'or pour sa disponibilité/efficacité/gentillesse/gueule-d'ange-à-qui-on-donnerait-le-bon-Dieu-sans-confession) est tout à fait crédible et percutante. Bien vu de de pas t'être obstiné, John de la Mobylette! Que le petit Bruno, là, il fait vraiment mal sur le flanc quand il est dans un bon jour comme ce fut le cas mercredi. Qu'on aime ou qu'on exècre le côté obscur de sa force, maître Jova (un but, un assist) a quand même encore la classe, hein. Que Nicolas Frutos, à propos duquel on craignait tout de même qu'il se blesse en donnant le coup d'envoi, est un sacré porte-bonheur pour les Mauves ou que Kljestan, malgré ses goûts de pilosité moustachienne pour le moins douteux, est quand même capable, lui aussi, de nous envoyer de belles prunes sous le regard attendri du paternel!

Mais malgré ce succès censé relancer la mécanique mauve alors que Gillet va revenir après ses quatre matchs de suspension, l'info du jour, à l'ombre de Saint-Guidon, est la nouvelle carte rouge brandie par M. Efong-Nzolo (sympatoche et souriant mais de plus en plus détesté aux quatre coins du Royaume) aux yeux éberlués d'Olivier Deschacht. Il y a un mois environ, quand il avait reçu le premier rouge de sa belle et longue carrière à Gand, le fils du roi du pneu lokerenois s'était défendu comme le Diable qu'il n'est plus, arguant du fait que, tel un Martin Luther King des pelouses de cette Jupiler League que toute l'Europe nous envie (si, si), il avait un rêve, celui de terminer sa carrière sans exclusion. Ce rêve brisé net l'avait presque fait pleurer (trop mignon) devant l'austère commission (pléonasme) chargée de se pencher sur son cas. Celle-ci, ayant quand même du cœur, l'avait à juste titre blanchi de ses crimes contre l'humanité footballistique (en réalité une balayette plus maladroite que dangereuse pour repousser un adversaire).

Mercredi donc, en début de seconde période, Oli n'en a de nouveau pas cru ses yeux quand M. Nzolo l'a renvoyé prématurément au vestiaire pour un tacle pied en avant d'une intensité potentiellement dangereuse, certes, mais qui ne méritait aucunement l'exclusion. Faut le comprendre, Oli: il a touché la balle mais son pied a plutôt rippé sur le haut du sphère de cuir avant d'aller sonner Trompet. Fort heureusement, cette exclusion n'a ni blessé son vis-à-vis ni surtout changé quoi que ce soir au cours de ce match à sens unique. Sans quoi, on en aurait presque autant parlé que ces fameux penaltys ratés...

Le retour au triple galop de la semaine

Y a pas à dire, ils sont quand même forts au Standard! A la rue voici quelques semaines à peine, les voilà en tête des... PO1 (sans phase classique), seuls invaincus d'une mini-compétition qui n'en est pourtant qu'à sa 4e journée. Dans les tribunes de Sclessin, des banderoles flottaient: « Anti play-offs ». En fait, ce qu'il faudrait aux Rouches, c'est une mini-compétition neuve, sans division de points, où tout le monde repart de zéro comme dans d'autres sports. Pas sûr qu'Anderlecht valide...

Mardi, face à Genk, le club liégeois a en tout cas confirmé son net regain de forme en vue de la ligne d'arrivée, lors des vrais matchs qui comptent, un peu comme en 2011 quand il avait échoué à un souffle du titre. Alors, on se calme, on évite de se mater tranquillement cette vidéo qui avait fait le buzzz à l'époque (Standaaaaaard chaaaaaaaaampion, un collector), les Liédgeus! Avant de songer au tit', faut continuer de « jouer footballe » et prendre mac' par mac', les gars. Bien sûr, faut y penser dans un coin de la tête, aussi. Et si le Standard, qui a un peu tout avec lui (la réussite, les arbitres, l'absence de blessures...) en ce moment devenait vraiment un candidat sérieux à la succession de l'ennemi mauff'?

Mardi, donc, on a en effet vu des trucs de dingue. D'abord, on a vu Usain Nagai. Oui, oui, le sprinter, là. Rednic, qui a ramené de la vie à Sclessin, semble bien aimer son petit Jamaïco-Japonais, pourtant calamiteux à Zulte, quelques jours plus tôt. A nouveau aligné comme tête d'affiche du meeting de Sclessin (alors que Michou Batshuayi était confiné au banc de touche pour admirer la silhouette filiforme d'Ole-Martin Aarst), Nagai a bien failli marquer après quelques minutes à peine, en prenant tout le monde de vitesse. Le souci, c'est qu'il a seulement failli et que le jour où il saura jouer au foot, il ne sera plus en Belgique.

Kawashima, c'est autre chose. Lui aussi très moyen au stade Arc-en-Ciel, le week-end passé, l'international japonais a surpris tout le monde et en particulier les avants genkois, qu'il a littéralement écœurés en sortant des arrêts dignes de... son statut, en fait. Car Genk, même s'il rentra au vestiaire mené au score (1-0, frappe acrobatique de Buyens, si, si), était bel et bien la meilleure équipe de la première mi-temps de ce match au sommet disputé devant un stade chaud boulette (logique, à Liège) mais même pas plein!

Le tournant de cette rencontre, finalement, fut cette semelle de Kanu sur Vossen, sanctionnée seulement d'un carton jaune. Oui, monsieur du Terrain (Van de Velde, vous suivez?), il aurait dû prendre une carte assortie à la couleur de ses cheveux! Après, forcément, le Standard déroula, grâce à Mpoku (sur coup-franc), puis Batshuayi (en puissance) pour s'offrir le droit de rêver. Et un, et deux et trois zéro! De là à voir les Rouches champions, y a encore du boulot.

Le watergate de la semaine

En Angleterre, on appelle cela un peu pompeusement le watergate! A la mi-temps du très rythmé Arsenal-Everton (un bon 0-0, au final), ce sale gamin de Kevin Mirallas a pris sa gourde et a aspergé discrètement Jack Wilshere en rentrant au vestiaire à la mi-temps. Tout fâché, le jeune international des « Gunners » a vu rouge et a tenté de corriger notre bon petit Diable, fier comme un paon que sa blague de potache ait fonctionné. Et, au final, qu'entend-on? Que Mirallas ne sera finalement pas sanctionné par la fédération anglaise pour ce geste peu chevaleresque qui a fait le buzz outre Manche. Il est vrai qu'en matière de watergate, on a déjà connu bien plus percutant!