Deux millions pour faire vivre le logo wallon, le MR dénonce

© Belga.
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La polémique autour de la campagne d’image de la Wallonie rebondira ce lundi au parlement wallon, où l’opposition libérale interrogera le ministre-président Rudy Demotte (PS) sur ce qu’elle qualifie d’« erreur » et de « gaspillage ». Derniers éléments : l’acquisition de l’adresse électronique Wallonia.be et la publication sur la page d’accueil du site, enfin accessible, des déclinaisons en couleurs du logo aux cinq points (ci-contre). L’effet stroboscopique de ces variantes risque de plonger les observateurs dans des abîmes de perplexité…

Mais donc « Wallonia.be » existe et on le doit à Gustaaf Versweyveld. Ce citoyen flamand était propriétaire de l’adresse. Il l’a cédée à l’Awex et à Wallonie-Bruxelles International (WBI) pour la somme de 2.500 euros. L’accord était conclu de longue date mais n’a été signé officiellement que jeudi, au retour de Suisse du propriétaire. C’est une question qui interpelle, y compris l’Awex et WBI : pourquoi le ministre-président wallon a-t-il mis tant d’empressement à révéler les éléments devant fonder la nouvelle image de la Wallonie, alors que l’adresse internet n’était pas disponible et qu’aucune campagne n’est envisageable avant la fin de l’année ?

Le gouvernement wallon a donc réussi à louper sa communication sur la communication. « C’est de l’amateurisme, dénonce Willy Borsus, le chef de groupe MR. Ce dossier est dans l’erreur depuis les origines. » Un dossier qui a un coût. Mentionnons : 477.000 euros pour l’étude McKinsey qui a défini l’image à valoriser à l’international, 60.000 euros (HTVA, donc on flirte avec les 70.000), pour le logo, le slogan et leurs déclinaisons, et enfin 700.000 euros accordés par le ministre Marcourt (PS) à l’Awex pour une première campagne autour du nouveau visuel wallon.

Mais ce n’est pas tout. Selon Willy Borsus, «  il faudra 2 millions d’euros pour lancer des opérations qui permettront au logo d’exister dans les médias et autant pour entretenir la marque d’année en année. Le gouvernement y va à coups de petites annonces. Mais des sommes folles sont en jeu et pour longtemps. »

Les chiffres de McKinsey

Les chiffres avancés par le libéral sont ceux émis par le consultant McKinsey lorsqu’il a conseillé aux autorités wallonnes de s’appuyer sur l’ouverture au monde des Wallons et de leur territoire pour renouveler l’image de la Région. « Deux millions d’euros, c’est, selon McKinsey, le coût total du lancement d’une marque, mais aussi celui nécessaire au suivi annuel de la démarche », écrivions-nous à l’époque.

Des sommes considérables, mais à relativiser, la Wallonie n’ayant pas attendu ce logo pour vanter ses atouts à l’étranger. Ainsi, l’Awex dispose-t-elle pour 2013 de 1,8 million d’euros pour son plan média international. Une certitude cependant : pour imposer l’image wallonne dans le monde, il faudra mettre le paquet dans un premier temps.

« Mais qui croit sérieusement qu’un logo peut faire la différence en notre faveur ?, s’insurge Willy Borsus. Ce qui compte, c’est le coût de l’énergie et du travail, l’espace disponible ou des procédures administratives simples. Ce gouvernement est d’une incroyable naïveté. »