« Ni Chelsea ni la Belgique favoris »

Marc Wilmots et Eden Hazard ont passé 20 minutes à discuter mardi au stade Roi Baudouin. La France, Eden connaît... © Bruno Fahy/Belga
Marc Wilmots et Eden Hazard ont passé 20 minutes à discuter mardi au stade Roi Baudouin. La France, Eden connaît... © Bruno Fahy/Belga - Bruno Fahy/Belga

ENTRETIEN

Eden Hazard a encore les traits tirés. Visiblement, le Brainois n’a pas retrouvé une fraîcheur exemplaire après la tournée asiatique (il a été élu meilleur joueur de la saison passée par les supporters thaïlandais) et les nombreux décalages horaires subis avec Chelsea. « Je suis un peu fatigué, c’est vrai, mais pour une rencontre comme celle-là, je vais retrouver de l’énergie, s’amuse-t-il. Face à la France, il y a toujours une rivalité compte tenu de la proximité. C’est une sorte de derby. Et le coach nous a dit qu’un derby, cela se gagne. »

Eden, la Belgique qui se présente face à la France avec l’étiquette de favorite et non d’outsider, c’est surprenant. Cela reflète-t-il aussi l’évolution des forces en présence ?

Rien que pour l’expérience accumulée par cette équipe, la France reste favorite. C’est quelque chose, cette équipe : une Coupe du Monde, un Euro, Zidane, etc., même si cela remonte déjà à quelques années. La France a un palmarès que la Belgique n’affiche pas. Il y a quelques années, on rêvait de marcher sur les traces de la France et depuis, un certain équilibre a été rétabli. Nous avons une génération dorée mais elle n’a encore rien fait. Depuis un ou deux ans, nous commençons à gagner des parties importantes mais les gens vont nous juger sur notre qualification pour la Coupe du Monde et ce que nous parviendrons, en cas de présence là-bas, à réaliser au Brésil. Il ne faut pas oublier aussi que bien que je serais heureux de prendre un nouveau succès mercredi, ce n’est qu’un match amical. Battre l’Ecosse début septembre sera bien plus important.

Cela ne vous laisse forcément pas indifférent d’affronter ce pays.

Je connais plusieurs joueurs, Adil Rami, Rio Mavuba, Grégory Payet et on s’envoie des piques depuis plusieurs mois déjà. En même temps, la dernière fois qu’on a affronté la France, je n’avais pas été bon et le match avait été assez fermé. J’espère que le spectacle sera davantage au rendez-vous ce mercredi.

Comment s’est déroulée la préparation à Chelsea avec José Mourinho ?

Très bien. Après un mois de travail en commun, je peux confirmer qu’il est bien le « Special one ». Il rigole et il chambre beaucoup.

Surtout, il semble compter sur vous, malgré la présence confirmée de Mata et d’Oscar, le retour de De Bruyne et l’acquisition de Schürrle.

Le club a recruté pas mal de joueurs qui peuvent évoluer sur les flancs. Il devrait donc y avoir une certaine rotation mais je n’ai pas spécialement l’impression que mon rôle va évoluer. Je devrais continuer à être utilisé sur un côté.

Il veut faire de vous un joueur plus efficace.

Cela tombe bien, c’est également mon souhait.

Et il a déclaré qu’il ne ferait pas de compliments à votre égard car il n’en fait pas sur les grands talents.

Je n’en ai pas besoin. Je sais ce dont je suis capable et ce que je dois faire. Je serai satisfait si je fais globalement mieux que la saison dernière. Ce qui vaut aussi au niveau collectif. Il y a un an, nous étions engagés sur sept fronts, j’espérais deux ou trois trophées et nous n’avons finalement remporté que l’Europa League. Nous aurons six épreuves lors de cette campagne, j’espère que nous ferons mieux.

Beaucoup placent Chelsea comme favori pour le titre en Angleterre.

Même s’il reste l’inconnue liée au changement d’entraîneur et au départ d’une personnalité comme Alex Ferguson, Manchester United reste l’équipe à battre. Elle est championne en titre et son équipe n’a pas régressé. Ensuite, Manchester City a très bien recruté et Vincent Kompany me semble confiant. Ce sera une belle bataille de laquelle émergera le plus régulier. Avec un groupe élargi, et un peu plus de fraîcheur par rapport à l’an passé vu que nous ne disputerons pas le Mondial des clubs cette fois, nous avons un coup à jouer.

Les Belges qui vous ont rejoint ont également une belle place à conquérir.

Romelu Lukaku a prouvé la saison passée qu’il était taillé pour réussir dans le championnat anglais. Kevin De Bruyne est moins athlétique mais grâce à son intelligence de jeu et sa qualité de passe, il peut s’imposer partout. En attendant, leur présence me rend la vie plus agréable dans le vestiaire. L’an passé, je me sentais parfois seul.

Vous avez accueilli un nouveau concurrent en équipe nationale, Zakaria Bakkali. Qu’en pensez-vous ?

Je n’en sais pas grand-chose même si j’ai vu quelques images de ses récentes sorties. Par contre, Thorgan, mon frère, m’avait déjà vanté ses qualités et ses exploits. Par sa taille et sa trajectoire, il y a quelques ressemblances avec mon parcours et notre excellent groupe lui facilitera son intégration s’il décide de rester parmi nous. Ce n’est pas moi qui vais regretter l’apport de nouveaux joueurs de qualité.

Même s’il a pris la place de votre frère ?

L’entraîneur effectue ses choix et si Thorgan effectue une saison identique à la précédente, il devrait rester dans le groupe. En demeurant à Zulte Waregem, j’estime qu’il a effectué un bon choix car il va continuer à jouer.