L’ancien président de la FEF rejoint le PTB

BRUXELLES. MICHAEL Ç BASS È VERBAUWHEDE NOUVEAU PRESIDENT DE LA FEF. PHOTO : THIERRY DU BOIS POUR LESOIR
BRUXELLES. MICHAEL Ç BASS È VERBAUWHEDE NOUVEAU PRESIDENT DE LA FEF. PHOTO : THIERRY DU BOIS POUR LESOIR - Thierry Du Bois.

Quelles sont vos motivations pour entrer en politique et plus particulièrement au PTB ?

Quand on est militant à la FEF et encore plus comme président, c’est parce qu’on a envie d’un monde meilleur. J’ai toujours lutté pour un enseignement accessible à tous et pour plus de justice sociale. C’est la même chose à la Ligue des familles où je travaille aujourd’hui et où je suis délégué syndical. Si je veux continuer à essayer de peser sur les choses, je dois franchir un pas. Et au PTB, parce que c’est lié à mon parcours au sein de la FEF, où notre objectif n’est pas de limiter la casse sociale, mais d’être porteur de changements.

La plupart des ex-présidents sont à Ecolo ou au PS, pas au PTB.

C’est vrai, mais je pense que ces partis sont moins porteurs de changements qu’avant. Je pense notamment à Ecolo. Il l’était dans les années 90. Il a alors attiré une série de présidents de la FEF. C’est nettement moins le cas aujourd’hui. L’exemple du Traité européen est parlant : Ecolo le vote au niveau régional, parce qu’il est dans la majorité, mais pas au fédéral, parce qu’il est dans l’opposition. Cela ne me convainc pas et cela ne me convient pas. Et, quand, pour le PS, Laurette Onkelinx explique que, avec du courage et de la volonté, le PS a contribué à stabiliser le pays au niveau économique et social, alors que le gouvernement a surtout précipité une partie de la population dans la pauvreté, puisqu’on a réduit les allocations de chômage et bloqué les salaires, je ne peux pas me retrouver là-dedans. En étant cohérent avec moi-même, c’était au PTB que je devais aller.

C’est à votre initiative ou ils sont venus vous chercher ?

Quand on est président de la FEF, on est contacté par tous les partis politiques. L’an dernier, j’ai eu des touches avec tous les partis démocratiques, sauf le MR. Après les élections communales, j’ai eu un appel du service d’études du PTB et nous avons collaboré sur l’enseignement. Je leur ai dit que je voulais m’investir davantage. Je travaille d’ailleurs sur un livre sur la justice en collaboration avec Christian Panier et Jan Fermon.

Comptez-vous vous présenter aux élections ? Si oui pour quel scrutin ?

Je suis candidat et ce sera sans doute aux régionales. C’est un moment important. On a besoin d’un souffle progressiste en Belgique et je pense que le PTB peut l’apporter.

Votre passage au PTB ne donne-t-il pas du grain à moudre à ceux qui prétendent que la FEF est infiltrée par l’extrême gauche ?

Je ne pense pas. Ce qui a en fait excédé des gens, c’était de voir que la FEF fonctionnait sur une logique de contre-pouvoir, comme un syndicat. Quand le gouvernement de la Communauté française se compose notamment du PS et d’Ecolo, on pourrait penser que la FEF va s’en rapprocher, mais, dès le début 2009, on a voulu continuer notre combat.

Le PS est la cible du PTB. La manière parfois rude dont vous vous êtes opposé au ministre de l’Enseignement supérieur, le socialiste Jean-Claude Marcourt, pourrait laisser penser que ce n’était pas innocent.

Non. On a seulement cherché à être un contre-pouvoir. Cela ne visait pas que le PS mais la majorité. Mon successeur, David Méndez Yépez, n’a pas été beaucoup plus tendre. Maintenant, chacun son style. Je pense aussi que cela dérange beaucoup de monde, surtout au PS, que le PTB prenne de l’ampleur.