«Baby Balloon» révèle Ambre Grouwels

Il a été au four et au moulin, l’ancien Snul ! Si le scénario de Baby Balloon est signé à l’origine Marc Vermeersch et Dominique Laroche, Stefan Liberski est venu y glisser son grain de sel. Avant que Versus, le producteur, n’estime qu’il serait aussi mieux à même de diriger l’orchestre (sic). Quant au scénario, dans lequel il est question d’une ado un peu ronde mais talentueuse au point de chanter dans un groupe de rock qui comprend aussi un ami d’enfance dont elle est secrètement amoureuse, il a encore changé en cours de tournage. Inévitable, quand on est épaté par son actrice principale avec laquelle, en plus, on décide de faire de la musique !

Vous êtes un peu les frères Dardenne à vous tout seul !

Ah, parce que ça se passe à Sclessin ou à Seraing ?

Surtout en nous révélant cette jeune actrice…

C’est une interaction qui fonctionne et qui fait qu’on a envie de demander et que l’actrice a envie de donner. Puis c’est une mise en confiance, c’est un petit processus assez subtil. Il est difficile à décrire, mais c’est très, très excitant. Quand on ne sait pas, au départ, qu’il n’y a pas d’histoire encore, pas de passé, de référent, d’autres films préalables… Ambre avait la musique, mais là, son monde, c’est plutôt Broadway et les comédies musicales. Pas du tout l’acting. Et tout d’un coup, on découvre un talent de comédienne, incontestablement, une présence qui s’est révélée au fur et à mesure, de plus en plus certaine. Et d’ailleurs, j’ai rajouté des scènes en fonction de ça !

Y a-t-il eu sur le tournage un moment où cette découverte s’est transformée en certitude à vos yeux ?

Oui, par exemple, je ne m’attendais pas à ce qu’elle soit aussi convaincante dans la scène au supermarché, lors de la confrontation avec sa mère. Là, elle m’a bouleversé. Bien sûr, je lui demandais de faire cette scène, mais elle y a été ! Et puis les nuances, l’ironie, elle captait tout, elle traduisait tout, c’est un bonheur quoi ! (NDLR : retardée par un tram capricieux, Ambre Grouwels se joint enfin à la conversation)

Stefan me disait que non seulement vous n’étiez pas actrice, mais qu’en plus, vous n’éprouviez même pas le désir de le devenir, avant ce film.

Ambre Grouwels : Je voulais faire du théâtre, et de la comédie musicale. J’ai une formation de comédienne et de chanteuse, mais le cinéma, ça ne m’était jamais vraiment passé par la tête. Enfin, oui, comme tout le monde, je me suis dit : « J’aimerais bien tourner avec… »

Stefan Liberski : Avec Johnny Depp !

A. G. : Avec Johnny Depp, Tim Burton, Helena Bonham Carter, dans Hunger games, ou dans le prochain Transformers, enfin des rêves de gamin… Mais je ne me suis jamais dit que j’allais faire un casting. Même de la figuration, je n’ai jamais cherché à en faire. Aujourd’hui, j’espère pouvoir continuer là-dedans, et aussi dans le théâtre. J’ai l’impression de pouvoir faire encore plus de choses, qu’il y a devant moi une très longue route pleine de chemins différents.

Qu’est est-il de cet album commun, alors ?

S. L. : On y trouvera les chansons qui sont dans le film, puis on en a commencé d’autres mais il n’y avait plus la place !

A. G. : J’en ai écrit deux !

S. L. : Et moi aussi ! Dès qu’on a cinq minutes, on fait un album ! Ambre chante bien, mais elle a aussi une capacité à écrire des paroles assez époustouflantes. Sur le tournage, c’était d’un jour à l’autre : je lui disais « Fais-moi une chanson avec des baleines «, et je tournais pendant qu’elle était vraiment occupée à l’écrire. Ensuite, elle l’a faite a capella !

A. G. : Et pour « Little girl «, en entendant la musique que tu m’as passée, j’avais le texte qui me venait directement.

S.L. : Et la ballade de fin…

A. G. : Tu m’as dit que le titre serait probablement « Baby ballon « et tu m’as demandé si ça me dirait d’écrire une chanson là-dessus. Et j’ai dit : « Ben oui, pourquoi pas… »