Beau succès pour la deuxième nuit du savoir

©Belga
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Le concept? Sept heures durant, des experts académiques livrent leur savoir sur Bruxelles, en 14 minutes montre en main. De l’impact des changements climatiques sur les villes à la perception, par les jeunes Bruxellois, de l Europe, tous les défis d’une ville qui s'internationalise sans cesse davantage y passent. Le tout entrecoupé de regards artistiques, tel celui, extraordinaire, de David Helbich. D’origine allemande, il vit et travaille à Bruxelles depuis plusieurs années. L'occasion pour lui de clicher nos « Belgian solutions », tellement bruxelloises, comme ces pistes cyclables qui s’arrêtent sec au milieu d’un carrefour, ces rubans autocollants qui tiennent des pans de ville debout ou, surtout, ces pavés maudits...

Du pain bénit pour Jean Quatremer, journaliste à Libération, grand pourfendeur d’une capitale aux trottoirs sales et défoncés? Intervenant dans le grand débat « vraiment devenir une capitale de l’Europe », il s’est livré à un vibrant plaidoyer en faveur... de Bruxelles, dans la course au siège unique du Parlement européen. Moyennant quelques conditions, distillées « au nom des Européens »: « La fusion des communes, le développement d’une politique urbanistique cohérente, qui supprime les autoroutes urbaines, et l’intégration de l’Europe dans le paysage bruxellois  ». Et d’ajouter que « l’Europe est prête à intervenir, financièrement, dans et pour sa capitale  ». À ses côtės, Éric Corijn, cheville ouvrière de la Nuit du savoir, professeur à la VUB, grand spécialiste de Bruxelles, a relevé que « L’Europe cherche plutôt un siège pour ses institutions plutôt qu’une capitale ». « Une ville qui ne fait de l’ombre à aucune autre, un peu comme Herman Van Rompuy », a conclu Jean Quatremer.

Il était plus d'une heure du matin lorsque Laïla Amezian, chanteuse bruxelloise d'origine marocaine, a conclu de bien belle manière une nuit riche en savoir. Et en échanges. Car, autour de la salle du Kaai dédiée au bal des orateurs orchestré par Béatrice Delvaux (Le Soir) et Friedl Lesage (VRT) il y avait aussi un bar où l’on discutait de Bruxelles, un espace livres, un coin où l’on pouvait débattre avec les orateurs devant un genièvre.

Bilan positif alors? Éric Corijn, Joost Vaesen (directeur de Brussels Studies) et Geert Cochez (VUB, Brussels Academy) étaient très satisfaits de la participation, « double de l’an dernier ». Un constat: l’initiative touche, de très loin, bien davantage de néerlandophones que de francophones. Et, faute de transports en commun qui circulent après minuit dans la capitale de l Europe, une bonne partie du public est partie avant la fin. Un phénomène que le Kaaitheater connaît par cœur. Bruxelles a encore une (grosse) marge de progression.