Facebook prédit la fin de Princeton pour 2021

Marck Zuckerberg, en 2011, lors d’un meeting à San Francisco. ©AP
Marck Zuckerberg, en 2011, lors d’un meeting à San Francisco. ©AP - AP

Facebook, le géant des réseaux sociaux, pourrait perdre 80 % de ses utilisateurs d’ici 2017. C’est du moins le résultat d’une étude de deux chercheurs de Princeton, publiée dans la revue Arvix. Mais comme nous l’expliquions hier, cette étude est pour le moins sujette à caution. En cause : la crédibilité de la revue et des deux scientifiques.

De son côté, les responsables du réseau social, au vu du buzz suscité par cette ‘info’ sur la toile, ont décidé de donner leur point de vue. Sans faire preuve de beaucoup de tact, le rapport est, selon eux « d’une absurdité totale ». Ceci étant dit, ils se sont attachés à démonter point par point, non sans ironie, ces recherches, comme le relaye le blog spécialisé Techcrunch.

Tout d’abord, en se basant sur des concepts clés de l’épidiémiologie (contagion et guérison), les deux chercheurs sous-entendraient que Facebook est « une maladie. Même si la vie sociale de certains utilisateurs s’en trouve ‘ponctionnée’, cela ne veut pas dire qu’il fonctionne comme un virus », s’amusent les bras droits de Mark Zuckerberg.

Facebook a tué Myspace

Autre référence reprise par les scientifiques : le modèle Myspace qui, selon eux, a connu un cycle complet. Ascension avec son lancement en 2003 ; pic, en 2005, avec le rachat par NewsCorp pour 580 millions de dollars ; et déclin, avec en 2011 un rachat à hauteur de 35 millions de dollars. Et Facebook d’observer, non sans ironie : « Ils ne font aucune mention du fait que c’est Facebook qui a tué Myspace ».

Mais la principale erreur serait que les deux scientifiques américains oublient de prendre en considération les connections au réseau social par mobile. Ce qui viendrait ainsi contredire leur observation selon laquelle Facebook aurait connu son apogée en 2007 et aurait commencé à décliner voilà deux ans. « Mais alors, cette chose appellée ‘smartphone’ est arrivée et les gens ont commencé à se connecter depuis leur application  », commentent les porte-parole qui, pour autant, ne nient pas qu’effectivement le réseau social soit faire face à certains problèmes, notamment une désertion des jeunes qui se tournent vers d’autres applis comme Snapchat. « Mais de là à perdre 952 millions d’utilisateurs mensuels en 2017, il faudrait une catastrophe cataclysmique ! »

Princeton vouée, comme Facebook, à disparaître ?

Une fois l’étude déconstruite avec soins, les représentants du réseau social vont faire part d’une ‘étude’ effectuée par un statisticien de Facebook, Mike Develin. Ce dernier qui fait, en se basant sur les mêmes concepts de l’épidémiologie, une découverte pour le moins étonnante : l’Université de Princeton, 7ème au classement de Shangaï, serait vouée à disparaître ! Sur quoi base-t-il une telle affirmation ? Sur la page Facebook dédiée à l’université du New Jersey pardis ! Et d’observer que le nombre de « likes » de cette page a nettement chuté entre 2009 et 2010 et stagnerait depuis… «  Mais comme Facebook n’est pas le seul dépositaire de la connaissance humaine », une recherche rapide sur Google Scholar montre que les articles de Princeton ne sont plus autant une valeur sûre et sont de moins en moins recherchés sur Internet. Là aussi graphique à l’appui.

Puis de recourir à Google Trends et d’observer, cette fois-ci, que Facebook aura moitié moins d’étudiants en 2018, et plus du tout d’étudiants en 2021…

Au final, Facebook s’affirme plus inquiet pour la qualité de l’air que pour l’avenir de son réseau social, et même que celui de Princeton. « Bien sûr, notre étude n’a pas été validée par nos pairs », conclu Mike Develin. Comme l’étude de Princeton.