Euthanasie des mineurs : on votera jeudi prochain

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La décision est tombée ce matin : les députés voteront pour ou contre l’extension de la loi dépénalisant l’euthanasie aux mineurs « capables de discernement » le jeudi 13 prochain. Les débats commenceront la veille dans l’après-midi.

Les conditions de la loi principale, c’est-à-dire une douleur qui ne peut être apaisée, une demande réitérée et consciente sont maintenues. Les cas de douleur psychique, qui sont prévus par la loi pour les adultes, ont été exclus de ce projet de loi. De même, cette faculté sera réservée aux patients dont le décès est prévu à courte échéance, ce qui n’est pas le cas dans la loi pour les adultes. Le discernement de l’enfant, critère qui a été préféré à une limite de date (c’est le cas aux Pays-Bas), devra être confirmé par plusieurs experts et les parents devront signaler qu’ils ne s’opposent pas à cette décision.

Cette dernière étape législative débutera le 12 février par un débat à la Chambre des députés avant un vote prévu le lendemain en séance plénière. Selon certaines sources, l'adoption du projet de loi ne fait guère de doute puisqu'il a déjà été adopté à une large majorité par le Sénat en décembre puis par la commission de la justice de la Chambre des députés.

La Belgique devrait devenir le deuxième pays, après les Pays-Bas, à autoriser l'euthanasie pour les mineurs.

La portée du texte sera limitée puisque la loi ne devrait concerner, par an, qu'une poignée de mineurs atteints d'un mal incurable, en particulier d'un cancer, et dont le décès est prévu dans un bref délai.

Cette évolution est contestée par les représentants des grandes religions chrétiennes, musulmane et juive, qui ont récemment exprimé leur « vive inquiétude face au risque de banalisation » de l'euthanasie. Dans la communauté médicale, le texte divise. Il est défendu par de nombreux pédiatres qui estiment qu’on prive abusivement les mineurs d’une possibilité offerte aux adultes, mais d’autres estiment que des cas réels ne se présentent pas.