Carl Gillain, le Belge qui flingue “Top Chef” !

Edition numérique des abonnés

Carl Gillain, le candidat belge de la nouvelle saison de “Top Chef” fait toujours partie de l’aventure. De retour à “L’air du temps”, le restaurant où il travaille, il nous confie ses impressions vis-à-vis de l’émission.

Qu’est-ce qui a changé pour vous depuis la diffusion de l’émission ?

Honnêtement, pas grand-chose. C’est surtout énormément de messages. On renoue contact avec certaines personnes que l’on croyait disparues. Je travaille énormément, donc je n’y prête pas spécialement attention. Je suis retourné une seule fois dans le centre-ville de Namur depuis le début de la diffusion et là, effectivement, quelques personnes me reconnaissent, mais rien d’extraordinaire et au final. Tant mieux, je préfère passer inaperçu.

Comment vivez-vous ces passages à la télévision ?

Le fait de se voir n’est pas dérangeant, celui de constater ce que l’on montre à l’écran l’est plus. Je ne suis pas le seul candidat à avoir ce sentiment que le rendu ne reflète pas la réalité. Bien souvent, le lundi soir, c’est coups de fil sur coups de fil, et on se demande si on a bien vécu la même chose. Déjà pendant les tournages, on commençait à réaliser qu’on était dans une émission avant d’être dans un concours de cuisine. Parmi les candidats, ceux qui étaient là pour la cuisine ont été un peu déçus par le déroulement des choses. Il faut réaliser qu’on est dans une émission de télé qui doit être très agréable à suivre pour les téléspectateurs. C’est interpellant quand on se retrouve avec une assiette qui est considérée mauvaise, non terminée avec certains aliments pas cuits et, à côté une assiette qui est “techniquement parfaite”, selon le jury et que c’est cette dernière qui est éliminée. C’est étrange.

Quelles sont les différences entre votre vécu et les images diffusées ?

Il y a un point qui m’a mis hors de moi. Au deuxième épisode, on me voit jurer à tort et à travers alors que tout est hors contexte. Les gens qui me connaissent réellement ne comprennent pas et me demandent si j’ai pété un plomb. Ce qu’on ne voit pas c’est que pendant 1h15, l’induction est en permanence sous sécurité et l’eau n’atteint même les pas 60ºC ! C’est impossible de travailler dans des conditions pareilles. Dix fois, toute l’équipe vient voir si mon induction fonctionne et me dit que c’est OK. Ils sont bien gentils mais ils travaillent toute la journée dans leur bureau et n’y connaissent rien. Ça m’énerve qu’ils me montrent comme ça car j’ai l’impression qu’ils essayent de me présenter comme le nouvel Alexandre au niveau du caractère, ce qui ne me ressemble pas du tout.

Regrettez-vous votre participation ?

Si je devais refaire “Top Chef”, je le referais sans doute mais complètement différemment. J’irais en mauvais garçon, sans avoir peur de crier, je me montrerais davantage et peut-être que, comme ça les choses seraient enfin réalistes. En outre, ça ne sert à rien de vouloir faire de la cuisine comme celle qu’on fait à “L’air du temps”. Il faut de la cuisine de palace parisien, sinon on n’a aucune chance. Et, si “Top Chef” était à refaire, il faudrait aussi changer les jurés. Arabian et Constant ne servent à rien. Ils sont de la vieille école française et nous sommes en 2012. Il faut s’en débarrasser, c’est n’importe quoi. Arabian, elle crache comme un charretier quand elle a une arête. Elle est insupportable cette bonne femme. Par contre, le feeling est très bien passé avec Thierry Marx et Jean-François Piège.

“C’est de la cuisine de ménagère !”

Selon vous, le caractère a autant d’importance que la cuisine pour aller loin dans l’aventure ?

Je pense, oui. C’est certainement un peu plus facile pour les personnes avec un fort caractère. Les cas particuliers, les enfances difficiles, ceux qui pleurent beaucoup seront mis en avant. J’ai dit douze insultes sur toutes les semaines, je pense qu’elles sont déjà toutes passées. C’est de la téléréalité. Je ne m’en doutais pas à ce point-là avant de participer. On a vu des choses complètement ahurissantes comme une mousseline de pois chiches qui cuit en une heure pour une dernière chance. Je n’ai jamais vu qu’un pois chiche pouvait cuire en une heure et être magnifique. C’est un peu choquant. Il y a des personnes qui sont un peu aidées.

Pour la première fois cette année, un concurrent a abandonné. Est-ce que ça vous est passé par la tête de claquer la porte ?

(Il réfléchit). Bien sûr, comme tous les candidats je crois. Plusieurs raisons peuvent jouer là-dedans. Ce que je ne comprends pas, c’est qu’on parle d’un concours de cuisine et qu’on se retrouve avec des ustensiles de base. On n’a pas de four vapeur, on est dans une cuisine de ménagère et on veut faire passer ça pour un concours professionnel ! Lors de l’entretien final, j’avais clairement dit que ça ne m’intéressait pas de participer si je n’avais pas l’apport technique que j’ai à “L’air du temps” car ma cuisine est comme cela. Dans le casting, ils voulaient absolument quelqu’un qui faisait de la cuisine comme Thierry Marx donc, pour mon portrait, ils ont misé à fond là-dessus en me faisant manipuler des éprouvettes. Mais le support technique n’est jamais arrivé et les additifs alimentaires qu’on nous promet d’épreuve en épreuve, je les attends toujours !

Que pense Sang Hoon Degeimbre de l’émission ?

Tout ça l’a un peu énervé. Quand on connaît le cuisinier, on constate qu’on montre une vision erronée de la personne. Il me voit cuisiner depuis longtemps et ne comprend pas que je n’ai pas réussi à faire certaines choses. Mais j’ai dû lui expliquer tous les problèmes techniques auxquels on devait faire face. Malgré tout, je l’appelais après chaque épreuve et il m’a toujours soutenu.

Vous avez des projets à court et moyen terme ?

Je suis très bien à “L’air du temps”, donc je n’ai aucune raison de partir. Bien entendu, si quelqu’un frappe à ma porte en me proposant d’ouvrir un restaurant, j’écouterai sans problème ce qu’il a à me dire. Si un investisseur veut mettre de l’argent dans un projet, pourquoi pas ? Comme tout cuisinier, j’espère avoir un jour mon restaurant.