Fin de XP: et si on boostait les licences libres?

La fin de XP devrait voir l’envol des licences libres, estime Alain Maron. © D.R.
La fin de XP devrait voir l’envol des licences libres, estime Alain Maron. © D.R. - phodoc@lesoir.be

Depuis le 8 avril dernier, Windows a sonné le glas des mises à jour et, par-delà, de la protection de son système d’exploitation XP. Une bonne occasion, estime le député écolo Alain Maron, de relancer le débat sur le choix des programmes retenus pour faire tourner le parc informatique public à Bruxelles. « Depuis des années, nous prônons l’utilisation de systèmes d’exploitation et de logiciels libres, entame l’élu vert. L’informatique du futur reposera sur un modèle coopératif qui permet une gestion plus collective et donc plus transparente » Une garantie pas toujours assurée avec les logiciels propriétaires « dont on ne connaît pas tous les contenus, contrairement aux programmes libres dont les codes sont ouverts à tous. Des solutions libres qui sont en outre plus fiables et moins soumises aux attaques de virus. »

Or, d’après Alain Maron qui a fait le tour des administrations et autres organismes d’intérêt public de la capitale, il apparaît que la Région est aujourd’hui loin du compte. « Il est encore fait massivement appel aux systèmes d’exploitation et logiciels Microsoft, et ce, malgré l’accord de majorité qui prévoit pourtant que “l’utilisation des formats ouverts et des logiciels libres dans l’administration régionale sera favorisée” . En ce qui concerne Windows XP plus précisément, il apparaît qu’Actiris, Bruxelles-Environnement, le SIAMU (pompiers) et le SPRB (Service public régional) y ont encore recours. »

D’après les chiffres obtenus par le député, dix millions auraient été injectés en licences dans les administrations et OIP sous cette législature. « Dont trois millions pour Microsoft ». Un virage à 180º aurait de nombreux avantages. « Aujourd’hui, les choses se passent entre les administrations et une société en position monopolistique ou presque alors que si on sortait de cette logique, on aurait l’occasion de faire travailler des PME, ce qui est un avantage en termes d’emplois. »

Un basculement qui générerait toutefois un coût, ce que reconnaît volontiers notre interlocuteur. « Libre ne veut pas dire gratuit mais il ne faut pas non plus sous-estimer les coûts des investissements dans le privé. Beaucoup de gens qui utilisaient XP vont probablement devoir investir également dans le hardware, leurs machines ne supportant pas les versions plus récentes. Alors que si l’on opte pour Linux, par exemple, cela permet de garder son ordinateur et de lui donner une seconde vie. »

Même topo pour les applications. « De plus en plus d’applications seront utilisées en ligne et les logiciels ne seront par conséquent plus installés sur des machines. »

Certaines villes l’ont déjà bien compris, comme Munich par exemple qui a décidé, en 2006, de faire migrer l’entièreté de son parc informatique vers des solutions open source. Avec, à la clé, une économie globale estimée à 10 millions, précise Alain Maron qui milite donc pour que Bruxelles suive la même voie. « Nous avons progressé mais il reste encore du chemin. Pour avancer, il faut que la ministre (Brigitte Grouwels, CD&V) en fasse une priorité. On pourrait très bien se fixer l’objectif de basculer entièrement ou presque dans les dix ans. »