Dans «des paroles et des actes» sur France 2, Marine Le Pen se balade

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Très attendue, Des Paroles et Des Actes, l’émission de débat de France 2 animée par David Pujadas, revenait sur les municipales, le score du FN, ses idées, avec Marine Le Pen. L’émission a été lancée sur fond de polémique. La chaîne publique avait accepté que la présidente du premier parti d’extrême droite français ne débatte pas avec Martin Schultz, le président du Parlement européen, l’émission s’est transformée en parcours de santé pour Marine Le Pen.

Incapables de la mettre en difficulté, les deux journalistes venus l’interroger pour la première partie de l’émission se sont gentiment fait balader. Marine Le Pen réussit, comme à son habitude, à esquiver les questions pièges, maladroitement tendues il faut dire.

La surprise Lamassour

La surprise survint là où on ne l’attendait pas. Alain Lamassour, invité-remplaçant de Martin Schultz pour discuter d’Europe, a été le seul à mettre Marine Le Pen en difficulté. Ses armes : la sincérité. Européiste convaincu, il est loin de la langue de bois, reconnaît aussi bien les erreurs de la construction européenne, dont il est un acteur depuis 1989 en tant que député au PPE (droite), que « les miracles comme la réconciliation des peuples français et allemands ».

Professionnel, il finit par énumérer les votes révélateurs des incohérences FN au PE : « contre une loi dénonçant les violences faites aux femmes, contre le plafonnement de la PAC pour les riches exploitants, s’abstient face aux questions d’immigration, n’est pas présent pour les questions de frontières… » Trente ans que Jean Marie Le Pen est au parlement, trente ans d’inaction, ou d’actions contradictoires pointées du doigt par le spécialiste.

Marine Le Pen déstabilisée

C’est le seul moment où Marine le Pen est déstabilisée, fouille ses notes, se mord les doigts, perd le sourire. Au gong, sachant qu’elle aura le dernier mot, elle se reprend tout de même.

Pourtant Alain Lamassour partait perdant : Marine Le Pen a soigneusement rappelé au tout début du débat que « les Français ne connaissent pas son parcours ». C’est peut-être pour cela qu’elle l’avait préféré à Martin Schultz.

Après le départ de l’eurodéputé, la récréation reprend pour la présidente de Front national. Elle reprend vite la main face à un journaliste lui présentant plusieurs graphiques sur la déconnexion entre performance du PIB et zone euro ; trop sûr de lui, il demande : « alors, n’avez-vous pas d’autres facteurs que l’euro en tête pour expliquer la crise Madame Le Pen ? – Si, les banques, répond-elle sans l’ombre d’une hésitation. Qui a volé cet argent que vous nous montrez ? »