«Lutter pour faire tomber les murs»

Une fresque pour symboliser les cinquante droits fondamentaux de l’Union européenne sera inaugurée le samedi 12 mai à midi en présence des écoliers qui en auront réalisé les dessins. ©J.-P. D.V.
Une fresque pour symboliser les cinquante droits fondamentaux de l’Union européenne sera inaugurée le samedi 12 mai à midi en présence des écoliers qui en auront réalisé les dessins. ©J.-P. D.V.

ENTRETIEN

A côté de la nouvelle antenne communale de Louvain-la-Neuve, une fresque retrace les articles de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne. Un ensemble de céramiques réalisées par Françoise Schein en collaboration avec des élèves de l’athénée royal Paul Delvaux et du lycée Martin V et des adultes du Réseau d’échanges et de savoirs du Centre culturel d’Ottignies, qui sera, du 4 au 11 mai, le symbole concret de la cinquième édition des Voies de la Liberté, un festival (1) qui, tous les deux ans, tente de sensibiliser la population au respect des droits humains et à la défense des libertés. Entretien avec Bernard Mangelinckx, de Tourinnes-Saint-Lambert, Thierry Couvreur, d’Ottignies, et d’Armand Burguet, de Rosières, le troisième Mousquetaire qui a rejoint les deux premiers à la dissolution des comités Ingrid Betancourt qu’il avait contribué à créer.

La Colombienne Ingrid Betancourt et la Birmane Aung San suu Kyi sont libres. Qu’est-ce que qui vous motive encore ?

La liberté de deux personnes n’est pas tout. D’autant que la situation politique dans leur pays est toujours compliquée. De plus, la question des droits de l’homme est sans cesse remise en question dans le monde, souvent dans des endroits, comme en Ukraine, où l’on s’y attend le moins. Nous avons conscience d’être une petite goutte dans l’océan, mais nous pensons que notre travail doit sans cesse être remis sur le métier.

Sur quel thème cette année ?

Nous entendons lutter pour faire tomber les murs. Cela fait 25 ans que celui de Berlin est au sol mais, depuis, plus d’une trentaine d’autres (murs, barrières ou clôtures) ont pris la place. Ce sont 18.000 kilomètres où l’on empêche les hommes de se déplacer, jusqu’aux portes de l’Europe qui, par des systèmes de surveillance ultramodernes empêche toute incursion. Voyez les boat people à Lampedusa, en Italie, les passages forcés à Ceuta et Melilla, au Maroc et en Espagne, ou les refoulés à Tijuana, à la frontière entre le Mexique et les États-Unis.

Une manière de faire de la politique ?

Là n’est pas notre rôle. Dans notre association, nous savons que ces problématiques sont complexes, que des lois et des procédures doivent être respectées. Nous voulons seulement attirer l’attention de tous, politiques et citoyens, sur le fait que tout cela manque singulièrement d’humanité. Nous voulons réveiller les consciences, rappeler l’indispensable respect des droits humains dans ces situations générées par des conflits ou par les flagrantes inégalités entre le Nord et le Sud.

Votre objectif ?

Faire d’Ottignies-LLN, qui est déjà le pôle culturel du Brabant wallon, un autre pôle, celui des Droits de l’Homme.

En touchant les enfants ?

Et à travers eux leurs parents qui viennent les rechercher dans des lieux publics de grands passages comme le complexe sportif de Blocry. Cette année, sur la place de l’Université, nous leur proposerons de faire exploser le tiers d’un mur de caisses long de 18 mètres. De plus, dans une ville étudiante comme Louvain-la-Neuve, nous relancer tous les deux ans dans ce festival nous permet de toucher chaque fois un nouveau public.

Avec des artistes bénévoles !

C’est notre force. Renaud nous avait aidés au départ, avec trois concerts à Louvain-la-Neuve, Rouen et Paris. Il avait même écrit une chanson sur Ingrid Betancourt. D’autres suivent son exemple.

(1) Voir le programme complet sur le site Internet www.lesvoiesdelaliberte.be.