En nombre, les petits partis ont déjà gagné les élections

Les affiches traditionnelles auront de la concurrence. © Photo News
Les affiches traditionnelles auront de la concurrence. © Photo News - Photonews.

Les isoloirs de la plupart des communes du Hainaut, où le vote manuel reste la règle, risquent de s’avérer bien étroits le 25 mai en matinée. Les électeurs devront y déplier un bulletin de vote riche de 23 listes candidates aux élections fédérales. C’est du jamais-vu en Wallonie. Lors des élections fédérales de 2010, dernières en date, les habitants du Hainaut avaient le choix entre 13 listes à peine.

Depuis plusieurs mois, les sondages alertent les états-majors des partis traditionnels sur le rôle que pourraient jouer les « petits partis » lors du prochain scrutin. Dans les journaux, les courbes sont souvent à la hausse pour le PTB, à gauche de l’échiquier politique, et pour le PP, très à droite.

Mais le dépôt officiel des listes modifie la donne : le paysage politique wallon doit digérer une foule de micropartis venus parfois de nulle part. Leurs chances de participer au partage du gâteau électoral (en sièges au Parlement) sont faibles voire nulles. Mais leur capacité de nuisance est grande pour les cadors francophones : ces candidats grappilleront ici ou là des dixièmes de pour cent qui ne seront pas indolores.

Le phénomène n’est pas uniquement hennuyer. A Liège aussi, l’inflation est patente : on passe de 15 à 20 listes fédérales. Dans les trois autres provinces wallonnes, la hausse est également la règle par rapport à 2010 : de 11 à 12 listes en Luxembourg, de 13 à 16 à Namur et de 12 à 16 en Brabant wallon.

Il faut toutefois rester prudent : le nombre de listes en lice ne sera officialisé que le 5 mai prochain par les tribunaux de première instance. Les vérifications sont en cours. Les recours sont analysés. En Hainaut, on parle beaucoup de la réclamation pour faux déposée par le député sortant Laurent Louis, tête de liste pour « Debout les Belges » en Hainaut, contre la liste du Parti populaire (PP) que doit conduire Mischael Modrikamen dans la même province.

Panel hétéroclite

Comment expliquer cette abondance de listes en Hainaut ? Tout d’abord par l’importance de cette province : la plus peuplée de Wallonie qui s’articule autour de la principale ville wallonne, Charleroi, et de bassins urbains ou ouvriers qui restent très politisés.

Ensuite parce que traditionnellement, le Hainaut fait figure de « mère des batailles électorales » et l’édition 2014 ne déroge pas à la règle, tous niveaux de pouvoir confondus : un Premier ministre, le président du parti et le ministre-président régional, excusez du peu ! Pour les audacieux, il y a là de quoi jouer dans la cour des grands.

Qui seront les adversaires d’Elio Di Rupo, en plus des classiques MR, CDH et Ecolo, sans oublier le FDF ? Sans chercher à être exhaustif, on peut mentionner la foule de petites formations d’extrême droite ou de droite très marquée : PP, Parti-anti-charia, FN-Belge, Debout les Belges… Il y a aussi l’extrême gauche (PTB et Lutte ouvrière), les unitaristes (Union des Belges), les rattachistes (RWF), les Wallons pur jus (Wallonie d’abord) et les mouvements citoyens (MGJOD ou Pirate). Ce panel hétéroclite peut-il perturber la carte électorale ? Pas impossible…