Albert II: «Le Roi doit toujours être retenu»

Dans la longue interview qu’il accorde à Pascal Vrebos et publiée par le magazine M avant sa diffusion télévisée prévue lundi sur RTL, le roi Albert II évoque son destin de Roi. « certains ne sont pas dans la ligne normale de succession et y arrivent par le jeu malheureux des décès », explique-t-il. Il confesse avoir été très peu préparé à la fonction et aux difficultés quotidiennes de la fonction royale, notamment pour la vie privée : « On s’est repliés lorsque je suis devenu Roi, parce que nous n’avions plus de temps. »

S’il dit avoir eu « peur » pour la Belgique au cours de la crise de 541 jours, «  peur que l’on aille vers des solutions vraiment pires que ce que l’on a connu », le roi Albert épingle encore la nécessité de retenue à laquelle il doit se plier dans les négociations, moins « psychiatre » que médiateur. «  Le roi négocie en laissant passer du temps. En posant des questions. En faisant réfléchir son interlocuteur. C’est ainsi qu’il négocie. Certains hommes d’affaires négocient, le roi doit toujours être « retenu ». »

Parmi les événements qui ont émaillé son règne, le roi Albert pointe surtout le drame de Sierre, « drame affreux » dont il retient essentiellement la « dignité des parents ».

Son enfance, ses voyages (aux États-Unis), ses souvenirs de la guerre, évoqués en quelques phrases, sont les autres grands chapitres de l’échange. Pas de trace dans l’hebdo des confidences royales sur sa vie de couple avec Paola, ni d’évocation de son abdication l’été dernier en faveur de son fils Philippe.

De l’entretien complet accordé par le souverain à Pascal Vrebos, le magazine ne retient que 6 pages, contextualisées par un récit des coulisses de l’interview, que Vrebos voit comme un « cadeau » offert aux Belges par le monarque à l’occasion de son 80e anniversaire. Le magazine donne aussi la parole à Louis Michel, qui souligne les qualités d’Albert II, «  un roi qui aime les gens avec un vrai sens de l’État ».