L’aéroport de Bruxelles est le plus polluant

Les avions sont plus bruyants au décollage. © René Breny.
Les avions sont plus bruyants au décollage. © René Breny. - lesoir

C’est une pierre de plus dans le jardin de l’aéroport de Bruxelles et de la gestion de son trafic aérien. Le comité Tervueren-Montgomery, plus discret que le collectif « Pas question » mais non moins actif dans la contestation du plan Wathelet, nous a fait parvenir une étude qui présente toutes les caractéristiques d’un travail sérieux et qui établit que parmi trente aéroports européens, celui de Bruxelles est celui dont les décollages d’avions touchent le plus grand nombre de personnes. En se basant sur l’impact de ces décollages sur une distance de dix kilomètres au départ des aéroports, elle y dénombre en effet 276.631 personnes survolées en moyenne par chaque vol, contre par exemple 30.000 pour l’aéroport d’Amsterdam (Schiphol), 26.516 pour celui de Paris (Charles De Gaulle), 1.192 pour Munich ou 43.986 pour Londres (Heathrow).

Les auteurs de l’étude ne sont pas spécialisés dans les questions aériennes. Il s’agit de trois personnes, des ingénieurs, dont le porte-drapeau, Jean-Noël Lebrun, est polytechnicien. Français, ce dernier s’est installé voici un an à Woluwe-Saint-Lambert et dit adorer Bruxelles. Mais il n’a pas digéré le plan Wathelet et a donc décidé de proposer ses services aux associations militantes. « Une analyse rigoureuse pour s’éloigner du politique politicien », explique-t-il.

Les habitants des communes de la périphérie Est, survolées lors des atterrissages, se sentiront peut-être lésés par le fait que seuls les décollages sont pris en compte dans l’étude. Les décollages constituent la « phase la plus bruyante », justifie l’étude. Jean-Noël Lebrun précise également que son étude compare les chiffres moyens par vol et non le total survolé pour parer à la critique éventuelle selon laquelle il serait logique que le nombre de personnes survolées soit plus important depuis la mise en œuvre du plan Wathelet, puisqu’il s’agit du principe même de la dispersion des vols. « Le nombre de personnes touchées en moyenne par vol est donc un meilleur indicateur, indiscutable », conclut-il.

Un autre chiffre parlant, enfin : la pollution sonore produite par les décollages à Bruxelles atteint, selon l’étude, un coefficient de « surpollution » égal à 8,80 par rapport à la moyenne des autres aéroports européens. Cela signifie que « chaque avion touche plus d’habitants que huit avions des autres grands aéroports européens », commente le polytechnicien.

L’étude a été envoyée au Premier ministre et à un grand nombre de responsables politiques. Le comité Tervueren-Montgomery demande lui aussi un moratoire sur le plan Wathelet.