Tai Hon, un joli conte made in Taïwan

En cuisine, Madame Chang, la femme de Monsieur Ho, et en salle, leur fils Tchou. Photo 
: D.R.
En cuisine, Madame Chang, la femme de Monsieur Ho, et en salle, leur fils Tchou. Photo : D.R.

Le soleil, des arbres pour faire de l’ombre, un lit de gazon frais et… une histoire. Tout l’été, l’opération Lire dans les parcs prend d’assaut quelques jardins publics du pays avec son armada de conteurs, d’animateurs et de bibliothécaires. De Bruxelles à Gembloux, pendant une heure ou deux, plus un gamin ne traînera dans le bac à sable ou sur les balançoires. Ils seront tous lancés dans une folle aventure, chevauchant un dragon ou une licorne, aux frontières d’un pays fort, fort lointain…

Comme une île du Pacifique. Taïwan, par exemple. Pourquoi Taïwan ? Parce que si vous décidez d’aller écouter les deux conteuses qui hanteront les jardins de Fontenay-sous-Bois à Etterbeek, un de ces vendredis après-midi, il vous faudra d’abord passer par le Tai Hon. Histoire de bien amorcer le rêve.

A deux pas de la place Jourdan, ce sont une douzaine de tables en terrasse sous de grands parasols blancs. Monsieur Ho trottine parmi elles, barbiche de vieux sage, sourire facétieux – tellement cliché, pardon, mais juré, on le dirait dessiné par Hergé. Paraît que les habitués, c’est mignon, l’ont surnommé Mogwai.

Chang Chen Ho était compositeur à Taïwan autrefois. Sa femme, Yi Lin Chang, était styliste. Tchou, leur fils, un beau gars aux cheveux de jais zébrés de longues mèches blanches, vous explique : « Le cochon mordu par le tigre, c’est un petit pain de riz cuit à la vapeur farci de viande, comme un petit hamburger. Vous l’ouvrez et vous y mettez ce que vous voulez de cacahuètes pilées, de coriandre et de légumes rassis sauce moutarde. » Ce cochon-là, ce Ho Ka Ti qu’on croise dans toutes les rues de Taipeh, vous arrache en douceur de la chaussée de Wavre et vous expédie, un peu plus vite à chaque bouchée, à l’autre bout du monde.

Potage vinaigre piquant, soupe ba-gui – gluante, avec ses petits morceaux de porc et ses shiitakes –, bœuf aux aubergines et à l’ail, poisson cuit dans des feuilles de lotus… Tout est doux, sucré, frais, croquant et baigné du parfum de l’huile de sésame. Nulle part la grosse sauce brune du « Chinois du coin », mais à la place, comme dans les scampis au beurre et tomates fondantes, un jus clair et caramélisé qu’on a, tout simplement, si c’était permis, envie de laper.

A l’inverse des endroits où on vous dit : « Fermez les yeux et profitez », ici, c’est des conversations toutes proches qu’on voudrait s’extraire : à côté, deux types en chemises à carreaux parlent allemand, deux blondes plongent leurs baguettes dans leurs nouilles et rient en russe… Si vous êtes seul, glissez dans vos écouteurs une compilation de Hou Dejian. Si vous êtes avec un ami de moins de 12 ans, racontez-lui, en prélude à votre après-midi au parc, l’un des contes chinois les célèbres, La Légende du Serpent blanc

Lire dans les Parcs, du 1er juillet au 29 août à Bruxelles (Etterbeek, Evere, Molenbeek-Saint-Jean…), Aubel, Braine-l’Alleud, Charleroi, Gembloux, Grâce-Hollogne, Ham-sur-Heure, Hombourg, Jemappes, Jodoigne, Liège, etc. Quel jour, quelle heure : www.cljbxl.be. Tai Hon, 356 chaussée de Wavre, 1040 Bruxelles. Menus à 20-30 euros. 02/230.01.31. Fermé samedi midi et dimanche.