Passer la nuit dans les Galeries

Fleur Delesalle (à gauche) et Camille Flammarion ont imaginé à quatre mains ce nouvel établissement. © Pierre-Yves Thienpont.
Fleur Delesalle (à gauche) et Camille Flammarion ont imaginé à quatre mains ce nouvel établissement. © Pierre-Yves Thienpont. - Pierre-Yves Thienpont.

Reportage

Les touristes se pressent en ce début septembre dans les galeries royales Saint-Hubert. Ils contemplent les lieux sans se douter qu’ils peuvent à présent y passer leurs nuits. Depuis juillet, à l’angle de la galerie du Roi et de la rue des Bouchers, a ouvert l’Hôtel des Galeries. Imaginé par des femmes, l’intérieur de l’hôtel assez épuré et design contraste avec les façades classées du XIXe siècle.

Le projet est né de l’imagination de l’éditrice Nadine Flammarion. « Mon mari possède la librairie à côté et je sentais le potentiel magique du lieu », explique-t-elle. Déterminée, elle obtient les baux pour ce qui est alors trois bâtiments différents : un ancien hôtel, la champagnothèque et des appartements.

Après une longue procédure pour obtenir le permis d’urbanisme puisque les lieux sont classés, les travaux débutent en janvier 2013 pour permettre une ouverture le 22 juillet dernier. A la tête d’un budget de transformation de plusieurs millions d’euros, deux autres femmes, amies d’enfance et pour l’une « fille de » : Camille Flammarion et Fleur Delesalle. Les deux Françaises, respectivement designer et architecte d’intérieur, ont reçu des consignes précises de la part de la propriétaire même si la confiance régnait. « Ma mère aime les lieux cosy et je pense que cela la rassurait de nous voir travailler sur ce nouveau projet d’hôtel, précise Camille Flammarion. Avec Fleur, nous nous connaissons depuis l’âge de 4 ans. Ce qui nous a permis d’être très complémentaires. Bien sûr, nous avions chacune notre cercle, mais l’intersection commune est très grande, ce qui nous a permis de faire un projet qui nous ressemble. »

Les deux architectes ont dû jouer avec les contraintes de ce lieu en partie classé. Elles ont d’abord créé une source de lumière en aménagement un patio en intérieur d’îlot. Pour les chambres du côté galeries, le double vitrage a été banni. Pour atténuer le son, elles ont donc imaginé des volets tout blanc à l’intérieur de la chambre. Les poutres et les escaliers ont également dû être conservés. La mise à nu des planchers d’époque avec les murs blancs donnent un sentiment de quiétude et de chaleur. Il est d’ailleurs complété par des touches de couleur amenées par des affiches chinées, des meubles design.

Les 20 chambres et 3 suites, elles, sont toutes décorées de manière différente. « Nous voulions que la décoration soit présente mais ne cache pas la beauté des lieux, commente Fleur Delesalle. Chacun doit pouvoir s’approprier l’endroit. » Chaque espace dispose de son code couleur et d’objets soit créés par Camille Flammarion comme les tables de chevets en céramique, soit chinés pour rendre encore plus prégnant cet aspect unique. Les céramiques des salles de bain sont également toutes différentes bien que seules quelques formes existent. Le raffinement se retrouve dans ces petits détails.

« Nous avions visité pas mal d’hôtels bruxellois, rappelle Fleur Delesalle. L’offre n’est pas très importante et surtout on ne retrouve pas ce dynamisme dont fait preuve Bruxelles dans les domaines du design ou de la gastronomie. C’est comme si l’hôtellerie ne s’était pas encore réveillée. Nous pensons donc compléter l’offre notamment pour le tourisme loisir et les businessmen qui ne sont pas clients des grandes chaînes. »

Avec cette philosophie, l’hôtel espère obtenir 4 étoiles. Quinze emplois ont déjà été créés. Pour passer la nuit au cœur des galeries royales, comptez entre 130 et 300 euros. L’hôtel dispose également d’un restaurant au style tout aussi épuré dans lequel on retrouve l’ancienne presse de l’atelier. Un brin détonnant dans cette rue des Bouchers plus que traditionnelle.

www.hoteldesgaleries.be