Le crayon liégeois des «urban sketchers»

Le carnet des «urban sketchers» fait 5 mètres de long. © Michel tonneau
Le carnet des «urban sketchers» fait 5 mètres de long. © Michel tonneau - Michel Tonneau

Déployé, leur carnet en accordéon fait cinq mètres de long. À chaque page, un dessin, une aquarelle ou un croquis pris sur le vif. La terrasse d’un café, la façade ouvragée d’une église, la frondaison d’un recoin paisible déniché dans une impasse. Au fil des pages, la ville se déroule. Autant de facettes personnelles d’un même environnement urbain, sorte de Google Street View artisanal où la caméra numérique est remplacée par des regards d’homo sapiens et d’habiles coups de crayons.

Depuis ce mercredi et jusqu’à samedi, une dizaine d’« urban sketchers », mouvement mondial né aux Etats-Unis, parcourent au pas rêveur les rues du centre historique de Liège. «  Nous faisons tous la même chose : dessiner la ville, du petit-déjeuner au souper », explique le Liégeois Gérard Michel, ancien professeur de dessin d’architecture à St-Luc qui, avec le soutien de l’Émulation, a invité une délégation de « sketchers » européens en Cité ardente. À l’issue de ces quatre jours de déambulation, les carnets déployés seront exposés à la salle des pieds légers au sein du Théâtre de Liège. «  Pour l’occasion, nous avons construit des tables de dix mètres de long », explique Jean-Paul Gomez, secrétaire de la Société libre d’Émulation.

Assis sur un mini-tabouret, Florian Afflerbach croque une succession de bicoques situées dans l’impasse de l’Ange. Minutieusement, il trace au crayon les détails de ce lieu pittoresque. «  J’aime dessiner en groupe puis comparer, à la fin de la journée, les travaux, explique ce professeur de dessin d’architecture à l’université de Dortmund. «  Je voyage beaucoup pour mon travail mais je ne vois rien. Là, je prends le temps de sentir les choses et les gens », explique René Fijten, architecte industriel établi à Heerlen. Venue de Séville, Inma Serrano tourne le dos à la minutie de ses camarades et jette sur le carton des nappes de couleurs, à l’aquarelle. «  J’aime dessiner rapidement l’ambiance d’un endroit où cela bouge », déclare-t-elle en montrant un instantané du café Randaxhe. D’une page à l’autre, son carnet ressemble déjà à la fresque colorée d’un Liège expressif.

«  Jusqu’à vendredi, nous sommes une dizaine à dessiner mais samedi, une centaine d’urban sketchers débarquent pour la journée », explique Gérard Michel qui, grâce au réseau très actif sur la toile, a invité tous azimuts.