Cantou : maison de vie pour personnes désorientées

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ENTRETIEN

Cantou, un joli mot tout droit venu du sud-ouest de la France et qui signifie, par extension, « au coin du feu » ou le « chez soi », un symbole de chaleur et de rassemblement. Qui a en tout cas plu à Stéphane Roberti (Ecolo), le patron du CPAS forestois, fer de lance de la création d’une nouvelle aile pour la Maison de repos du Val des Roses. Inaugurée officiellement samedi, elle accueillera 45 pensionnaires souffrant de désorientation.

Quelle est la spécificité de ce projet ?

Nous ouvrons trois unités pour l’accueil de personnes désorientées, projet sur lequel nous travaillons depuis deux ans dans le cadre de la construction d’une nouvelle aile à la maison de repos du CPAS.

Il fallait une réponse spécifique à cette problématique ?

Absolument. Les personnes désorientées ont besoin d’un encadrement spécifique que l’on ne trouve pas dans les structures traditionnelles qui n’ont souvent d’autre choix que de les enfermer au risque de les voir s’enfuir dans la rue, avec les dangers que cela comporte pour les intéressés, ou d’entrer chez d’autres pensionnaires, ce qui pouvait être source de conflits.

Qu’apportez-vous de différent ?

Le bâtiment a été conçu de telle manière que les occupants peuvent se promener avec un sentiment de liberté puisque nous avons conçu une terrasse à l’extérieur. Les chambres, elles, plutôt qu’être dans un couloir sont agencées en forme de U avec, au centre, une salle de séjour.

Combien de personnes pouvez-vous accueillir ?

Nous avons quinze personnes par unité qui proviennent toutes de la maison de repos. Elles seront encadrées par le personnel formé et même renforcé spécialement à cet effet.

Où se situe-on dans la gestion de ce handicap ?

La problématique ne cesse de croître. Les projections démographiques en Belgique font état d’une augmentation de la proportion des plus de 85 ans de 2.2 % à 5.8 % en 2025. Parmi elles, le taux de prévalence de la maladie d’Alzheimer et autres maladies de dégénérescence du système nerveux atteint déjà 16 %, et ce malgré le fort sous-diagnostic suspecté. Les maladies d’Alzheimer et assimilées sont vraiment la pathologie qui représente un enjeu très important. Et pour l’instant il n’existe que très peu de structures pour les encadrer.

C’est une première ?

A Bruxelles, oui. En Belgique, il existe une autre maison du côté de Mariemont dont nous nous sommes en partie inspirés en ce qui concerne l’architecture.

D’autres développements en vue ?

Une autre partie du bâtiment sera détruite en vue de créer un 4e Cantou et une unité d’accueil pour les personnes handicapées vieillissantes, autre défi important, pour assurer la continuité.

Rue Roosendael, 175 à 1190 Bruxelles