Le mur des libertés rend hommage aux exilés espagnols

« Liberté et convivialité», telle pourrait être la devise de cette œuvre installée au pied des Coteaux de la Citadelle. © Sophie Kip
« Liberté et convivialité», telle pourrait être la devise de cette œuvre installée au pied des Coteaux de la Citadelle. © Sophie Kip

Fin des années 60, ils étaient 60.000 Espagnols à résider en région liégeoise, dont 20.000 à Liège. La plupart avaient fui le franquisme et sa tyrannie, dès la fin de la guerre civile (1936-1939) et surtout entre 1955 et 1965, en raison des persécutions ou tout simplement de la misère.

Sur la route de l’exil, ils ont trouvé accueil en bord de Meuse. «  Aujourd’hui, nous voulons à la fois perpétuer la mémoire de nos parents dont beaucoup sont morts et rendre hommage aux Liégeois qui les ont accueillis  », explique Manuel Rodriguez, coordinateur du collectif « Génération Lorca » devant l’œuvre qui vient d’être installée au fond de l’esplanade Saint-Léonard.

Au mur, une phrase du poète Garcia Lorca, lui-même fusillé par les franquistes : «  Dans le drapeau de la liberté, j’ai brodé le plus grand amour de ma vie  ». Les lettres sont en métal et rappellent la carrière de sidérurgiste embrassée par nombre d’exilés. Au pied de la muraille, une immense table, elle-même en métal, dont la forme épouse les frontières de l’Espagne et sur laquelle est gravé le double hommage du collectif Gracia Lorca. Enfin, autour de la table, une petite trentaine de tabourets qui permettent à un groupe de s’asseoir en toute convivialité et de mener un repas, un débat ou une pause entre deux balades…

«  Au-delà de l’hommage aux exilés espagnols, c’est la liberté de l’homme que nous voulons mettre en évidence », poursuit Manuel Rodriguez qui, plein d’émotion, donne de la voix quand il s’agit de dénoncer le passé. «  Il serait temps que la communauté internationale condamne une fois pour toutes la tyrannie du franquisme  ».

L’œuvre d’art conçue et réalisée par Alain De Clerck et l’atelier d’architecture Beguin-Massart a été financée (coût : 52.000 euros) par la cellule « Art public » de la Ville de Liège. «  Nous voulions quelque chose de fort pour affirmer avec conviction la liberté et la tolérance », explique l’échevin Michel Firket.

Ce vendredi dès 18h a lieu l’inauguration, en présence notamment de l’échevine des affaires sociales de Barcelone avec des lectures de poèmes de Lorca, accompagnées de chants et de morceaux de guitare.