Discours plagié: Alain Delchambre démissionne de la présidence de l’ULB

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Quelques jours après la polémique sur le plagiat lors de son discours de la rentrée académique 2014, le président de l’ULB vient d’annoncer sa démission.

Dans un courrier adressé à la communauté universitaire, Alain Delchambre annonce avoir pris cette décision «  dans l’intérêt de l’institution ». « Si je n’étais en rien au courant de ces manquements, j’en assume la pleine et entière responsabilité  », écrit-il. «  J’ai pris le temps de réfléchir à la meilleure solution pour notre institution afin d’assurer la continuité de sa gouvernance et de l’ensemble des projets en cours  », ajoute-t-il.

Le recteur de l’université, Didier Viviers, et la vice-présidente du CA ont « pris acte ». Ils tiennent «  à remercier Alain Delchambre non seulement pour ce geste responsable qui l’honore mais aussi, voire surtout, pour l’immense travail qu’il a accompli dans l’intérêt de notre Université durant ces quatre années. »

Le discours lu par Alain Delchambre lors de la rentrée académique, le 19 septembre dernier, était un plagiat. De nombreux passages du texte correspondaient, mot pour mot, à un discours de Jacques Chirac prononcé en 2003. Un comble pour l’ULB, qui punit très sévèrement le plagiat. Le président de l’ULB n’avait pas écrit lui-même ce discours. Jeudi dernier, le collaborateur auteur de ce texte avait été congédié. Dans la foulée, Alain Delchambre adressait un courrier d’excuses aux étudiants. On pensait l’incident « clos ».

Alain Delchambre avait été réélu à la présidence de l’ULB à une quasi-unanimité pour un mandat de deux ans le 14 janvier 2013.

Voici le texte envoyé par Alain Delchambre à l’ensemble de la communauté universitaire.

«  Chers membres de la Communauté universitaire,

Chers étudiants,

Chers collègues,

Mesdames et Messieurs,

Comme j’ai eu l’occasion de vous en informer, j’ai appris avec stupéfaction que des parties de plusieurs de mes discours avaient été inspirées de textes accessibles publiquement, sans que les précautions d’usage en matière de citations n’aient été prises.

Après avoir pris connaissance de ces faits, j’en ai informé le Conseil d’administration auquel j’ai présenté des excuses personnelles et officielles en indiquant que j’avais pris les mesures internes nécessaires pour que cette situation ne se reproduise plus. Si je n’étais en rien au courant de ces manquements, j’en assume la pleine et entière responsabilité.

Dans cet esprit, conscient de l’image négative qui ternit aujourd’hui notre Université en interne aussi bien qu’en externe, et en pleine cohérence avec mes valeurs personnelles de rigueur et d’éthique, j’ai pris la décision, dans l’intérêt de l’institution, de démissionner de la présidence du Conseil d’administration de l’Université.

Comme je l’ai fait à vos côtés pendant quatre ans, j’ai pris le temps de réfléchir à la meilleure solution pour notre institution afin d’assurer la continuité de sa gouvernance et de l’ensemble des projets en cours.

Tout au long de ces années à la présidence de l’ULB, j’ai eu le plaisir de porter de nombreux projets, fruits d’un travail collectif mené au quotidien avec vous toutes et tous. Si je suis fier d’avoir contribué au renouvellement de la gouvernance de l’Université, j’espère que les prochains mois verront se finaliser d’autres projets fondamentaux que j’ai initiés.

Parmi ceux-ci, je veux citer le développement des partenariats et la réforme profonde des structures de gestion de l’hôpital Erasme ; la refonte de notre politique des ressources humaines et le redéploiement de nos administrations ; la mise en place de l’audit interne de nos procédures ou encore la conception et la mise en oeuvre d’une politique ambitieuse en matière de logements étudiants.

Je remercie tous les membres de la Communauté universitaire, étudiants, personnels administratifs, de gestion et spécialisés, personnels scientifiques et académiques, de leur implication dans les projets que nous avons développés ensemble au cours de ces quatre dernières années.

Ce fut un honneur pour moi de collaborer avec vous et je suis confiant dans la capacité de la Communauté universitaire à dépasser cette situation, à évoluer et à progresser.

Alain Delchambre  »