A Madagascar, le reboisement compense nos émissions de CO2

Le Soir compense son émission annuelle de CO
2
 en plantant 100.000 arbres à Madagascar. © D.R.
Le Soir compense son émission annuelle de CO 2 en plantant 100.000 arbres à Madagascar. © D.R.

Il y a un peu moins d’un an, Le Soir compensait son émission annuelle de CO2 en plantant 100.000 arbres à Madagascar. L’ONG belge Graine de Vie, maître d’œuvre de ces plantations, vient de nous envoyer des photos des arbrisseaux. Âgés de quelques mois, ils sont encore frêles. Après une saison chaude harassante, la saison des pluies revigorante est prévue d’ici un mois. Les jeunes arbres endémiques ne parviendront véritablement à s’épanouir qu’après 2 ou 3 années d’acclimatation aux rudes périodes de sécheresse malgache.

Pour réaliser l’opération « Un Soir, un arbre », le journal a mobilisé des spécialistes afin de calculer son empreinte CO2. Un travail complexe. Ensuite, un partenariat a été signé avec Graine de Vie pour reboiser à hauteur des rejets de CO2 impliqués dans le cycle de fabrication du journal. Avec la volonté de s’inscrire dans la lutte contre les changements climatiques, c’est à Madagascar, une des zones parmi les plus déforestées de la planète, que le Soir a planté 100.000 arbres, soit 10 arbres pour chaque tonne de CO2 émise. En effet, on considère qu’en 20 ans de vie, un arbre de région tropicale aura compensé 100 kilos de CO2.

Parmi la quinzaine d’essences différentes plantées dans le sol rouge malgache, certaines sont des arbres fruitiers. Il y a des agrumes, citrons et oranges ainsi que des papayes, des mangues, des avocats et du moringa. « Ce dernier s’appelle Marounga en malgache. C’est un arbre miracle, bourré de vitamines, de protéines, de fer et de potassium. En cas de disette, faire bouillir les feuilles de Marounga permet aux habitants de survivre », explique Frédéric Debouche, fondateur de l’ONG Graine de Vie. Reforester tout en apportant un bénéfice nutritif prend tout son sens quand on sait qu’à Madagascar, près de 80 % de la population vit en-dessous du seuil de pauvreté.

« Nous veillons à ce qu’au moins 10 % des plantations soient des arbres de rente et des arbres fruitiers, car ils donnent davantage de revenus aux habitants que le produit du “Tavi”, la culture sur brûlis en malgache », commente Frédéric Debouche. « La problématique de la déforestation y fait rage. Durant ces soixante dernières années, Madagascar, le pays au monde qui compte le plus grand taux d’espèces et de plantes endémiques, a vu sa forêt disparaître de plus de 85 %, sans aucune intervention des autorités. Et ces dernières années d’instabilité politique malgache n’ont fait qu’aggraver cette situation. Notre petite ONG, après cinq années d’existence, est quasi seule sur le terrain pour aider toute une population à planter des arbres sur un territoire de la taille de la France et du Benelux. Je ressens une inquiétude infinie dans le peu d’intérêt que porte l’humanité sur la protection et la restauration des forêts. »

Et d’ajouter, « durant ces soixante dernières années, l’être humain a détruit plus de la moitié des forêts primaires de la Terre et le processus est en progression constante… À ce rythme, les forêts primaires auront disparu de la surface de notre planète avant la fin de ce siècle. »