«A la poursuite du roi Plumes»: au paradis des animaux

Parti à la recherche de sa maman, Johan le lapin passe du monde des vivants à celui des morts, conduit par un drôle de capitaine.
Parti à la recherche de sa maman, Johan le lapin passe du monde des vivants à celui des morts, conduit par un drôle de capitaine.

Intitulé Beyond beyond pour sa version internationale (et Resan till Fjäderkungens Rike pour l’originale), A la poursuite du roi Plumes a plus d’un argument à faire valoir. Entre autres : ce film d’animation réalisé par Esben Toft Jacobsen, qui s’était déjà manifesté en 2011 avec L’ours montagne, est le premier long-métrage en 3D stéréoscopique de l’histoire du cinéma danois. Destiné à un public jeune, il aborde en outre un thème grave : « vouloir l’impossible », résume-t-on côté nordique, ou plus prosaïquement, « la mort ».

A la poursuite du roi Plumes a été présenté en mars dernier à Lyon, au Cartoon Movie. Là même où l’équipe avait précédemment trouvé de quoi compléter son financement. Trois ans de boulot auront été nécessaires pour mener à terme ce projet de 2,7 millions d’euros. Soit un million de plus que pour L’ours montagne, mais moins que ce qu’on pourrait imaginer au vu du résultat. « Nous avons optimisé le travail préparatoire, commente Petter Lindblad, le producteur. Nous avons aussi travaillé sur une échelle réduite, le plus in house possible, avec des studios à Stockholm et au Danemark. »

Voyage entre deux mondes

Pour Jacobsen, qui avoue avoir été marqué par Miyazaki, Neil Gaiman et Brad Bird notamment, mais aussi par la mythologie grecque et les contes populaires où l’on croise nombre de ces créatures voyageant entre les deux mondes, tout est parti d’un dessin, celui de Johan le petit lapin et de son père. « La question qui se posait alors tout de suite, raconte-t-il dans une interview à Animation Magazine, c’était de savoir où se trouvait la mère. L’histoire s’est écrite à partir de là. »

L’histoire ? « Celle d’un petit lapin qui part à la recherche de sa mère, nous résume benoîtement Jacobsen, juste avant que ne démarre la projection lyonnaise. Nous avons reçu de la part du Danish Film Institute les résultats des test screenings… Si vous avez entre 7 et 10 ans, vous allez vraiment aimer ! »

Au fait, pourquoi des animaux ? Ici avec des membres filiformes et, dans le cas du roi, un look hybride qui lui donne aussi des allures d’oiseau et d’insecte gigantesque ? « Les animaux offrent plus de liberté, plus de possibilités de fantaisie, dans le dessin comme la mise en scène. »

Plus tôt dans l’année, A la poursuite du roi Plumes avait été montré en première à la Berlinale, à son public cible : 800 gamins. « Heureusement, ils se sont manifestés comme nous l’espérions aux moments où nous l’espérions, intervient le producteur. Nous pensons vraiment que l’animation doit être quelque chose d’amusant à pratiquer, reprend le réal’. Je crois que cela se ressent d’une certaine manière dans le film, qui dégage un je ne sais quoi d’amical. Nous avons en tout cas travaillé dur pour constituer cette équipe, de manière à pouvoir passer du bon temps ensemble. »