urbAgora présente sa vision du développement de Chênée

Peut-on construire n’importe où et dans n’importe quelles conditions?, interroge urbAgora. © Michel Tonneau
Peut-on construire n’importe où et dans n’importe quelles conditions?, interroge urbAgora. © Michel Tonneau - M. Tonneau

Le site bucolique de HaïssePiedroux, à Chênée, est-il indiqué pour la construction d’un écoquartier de 500 logements ? En d’autres mots, est-il opportun de remplacer un des derniers espaces verts liégeois par une enfilade de maisons quatre façades, aussi éco-compatibles se prétendent-elles ? Des points d’interrogation qui depuis le début de l’été, animent les réunions de riverains. Et dont vient de s’emparer urbAgora, ASBL fondée afin de «  promouvoir le débat public sur les enjeux relatifs à l’urbanisme, à la mobilité et à l’aménagement du territoire.  » Estimant que d’autres futurs étaient possibles pour Chênée - une commune déjà en proie à d’énormes problèmes de mobilité –, l’ASBL vient de signer un «  scénario de long terme pour le développement urbanistique de Chênée.  » Il sera, pour la première fois, présenté aux habitants le 29 octobre à 19 heures dans la cafétéria du centre culturel de la commune.

«  C’est une contre-proposition, évolutive, à ce vaste projet de lotissement, précise la présidente d’urbAgora, Mathilde Collin. Le projet actuel est emblématique de l’implantation en milieu urbain d’un modèle périurbain : les villas quatre façades. Un habitat plus dense serait beaucoup plus raisonnable.  » Consciente que Liège aura, dans les années à venir, besoin de logements supplémentaires, l’ASBL suggère de concentrer ces nouvelles constructions sur un terrain de 12 hectares le long de la rue de Gaillarmont, sur un autre terrain au sud du Ravel, sur l’ancien site de Cuivre et Zinc en bordure de Vesdre enfin. Ce qui aurait pour mérite de laisser libre ce grand espace vert entre Chênée et Beyne-Heusay, d’y implanter même quelques cultures maraîchères et fermes urbaines. UrbAgora plaide aussi pour un projet multifonctionnel, n’incluant donc pas que du logement, et plus favorable à la mixité sociale et intergénérationnelle.

Autre écueil soulevé par l’ASBL : un accroissement, dans cette commune liégeoise, des problèmes de mobilité. Le site est en effet difficilement accessible aux transports en commun et pour ce qui est des voitures, «  le caractère accidenté de la zone peut faire craindre des difficultés de circulation. » À plus long terme, urbAgora suggère d’ailleurs la mise en place d’un nouveau plan de mobilité pour Chênée, avec le jet d’un nouveau pont au-dessus de l’Ourthe et le contournement du centre de la commune par les voitures. Une refonte des plans de circulation permettrait aussi aux modes de transport doux de passer d’un Ravel à l’autre. Bref, « nous pensons que ce projet tel qu’il est envisagé questionne surtout le type d’urbanisation que nous souhaitons développer dans les années à venir  », résume urbAgora.