Pour Jim Murray, le meilleur whisky du monde est japonais

Les Écossais ne décolèrent pas : pour la première fois en 12 ans, aucune distillerie écossaise ne se distingue au top 5 de la « Whisky Bible » de Jim Murray, qui fait figure d’autorité en la matière. Le titre revient au Yamazaki Single Malt Sherry 2013, un whisky japonais. « Choc » écrit The Independent, « Humiliation » titre le Daily Mail : les médias britanniques ne s’en remettent pas. Murray s’alarme d’ailleurs lui-même du fait qu’aucun whisky écossais ne sorte du lot pour cette édition 2015 et estime qu’il est temps pour ses producteurs de se remettre en question.

Produit par la plus vieille distillerie japonaise fondée dans les années 20 avec l’aide de Masataka Taketsuru qui a étudié à Glasgow avant de rentrer au pays avec son épouse écossaise, ce whisky a obtenu 97,5 sur 100. Commercialisé depuis le début 2014 seulement, iI n’est produit qu’à hauteur de 18.000 bouteilles. Dans son guide, Murray décrit le Yamazaki Single Malt Sherry Cask comme « consistant, sec, aussi rond qu’une boule de billard », ou encore « follement profond et satisfaisant », d’une « exquise audace » et d’une rare perfection.

Il précède sur le podium deux whiskeys américains produits dans le Kentucky : William Larue Weller 2013 et Sazerac Rye 18 year old. Un autre américain, Four Roses Single Barrel Limited Edition #3-4P, a quant à lui été désigné comme meilleur « Single Cask » de l’année. Le palmarès complet est détaillé sur le site de «Whisky Exchange».

« Belgian Owl » distingué

Le titre de meilleur « European whisky » a été décerné à deux flacons : « Chapter 14 Not Peated » produit dans le Norfolk par l’English Whisky Company (distillerie Saint George) et, cocorico, à « Owl Single Malt ‘64 Months » produit à Grâce-Hollogne ! « Nous avions déjà été couronnés en 2011 et maintenant en 2015, déclare avec enthousiasme le distillateur Etienne Bouillon. C’est une reconnaissance internationale fantastique, c’est très enthousiasmant pour le futur ».

Seules 200 à 300 bouteilles de ce whisky âgé de 64 mois ont été commercialisées et elles sont évidemment déjà toutes vendues : « Je n’en ai même plus une pour moi », déplore Bouillon. Par ailleurs, « le but pour nous, conclut-il, est de rechercher la plus grande excellence, nous y arrivons grâce aux agriculteurs locaux avec lesquels nous sommes en commerce équitable. Nous avons la chance d’avoir la distillerie en plein milieu des champs, on peut quasiment parler d’un whisky de terroir ». Plus d’infos sur www.belgianwhisky.com.

Marc Vanel