La «visio vente» pour booster l’e-commerce

Tabler sur la vidéoconférence comme principal canal de vente.
Tabler sur la vidéoconférence comme principal canal de vente. - DR.

A la différence d’autres logiciels de création de boutiques en ligne, Teasio mise sur la vidéoconférence comme principal canal de vente. Concrètement, le commerçant ou l’artisan convie à son rythme (une fois ou plusieurs fois par semaine) ses (futurs) clients à une présentation de ses produits phares, à une date et heure déterminées. L’application gère les inscriptions, en veillant à limiter le groupe à maximum une douzaine de personnes pour favoriser une interaction optimale. L’e-commerçant communique visuellement et en direct au moyen de sa webcam avec les personnes inscrites, qui peuvent poser des questions par écrit au moyen d’un système de chat. Une fois convaincus, ils peuvent acheter directement, par un simple clic sur la fiche produit en question, qui apparaît en marge de la présentation vidéo. Le potentiel d’achat impulsif est donc au moins aussi fort que dans un commerce classique bien agencé.

« Nous ciblons les commerçants et artisans qui n’ont pas encore de site de vente ou bien un site peu détaillé. Notre nouveau canal est particulièrement adapté aux commerçants qui ont un savoir-faire à partager, une histoire à raconter », explique le fondateur Christophe Fruytier, rattrapé par le virus entrepreneurial après plusieurs années dans une banque au Luxembourg puis chez Electrabel.

Le prix de l’application varie de 29 euros par mois pour une boutique de base (plus 4 % de commission par transaction), à 129 euros par mois en formule illimitée (sans commission) et avec possibilité de communication en « tête à tête ». Comptez une petite demi-heure pour configurer une boutique de base avec une trentaine de produits. Le commerçant organise autant de visios qu’il le souhaite. Teasio lui offre une petite formation (par visio, évidemment) pour lui apprendre quelques trucs et astuces (éclairage, façon de se tenir, etc.). La solution intègre également une solution de paiement sécurisée (Stripe ou Paymill) pour laquelle le commerçant débourse environ 3 % par transaction.

Une trentaine de commerces et « concept stores » un peu partout en Wallonie testent actuellement Teasio. Christophe Fruytier se donne deux mois pour valider « grandeur nature » ce nouveau concept, pour lequel il n’a « aucun point de comparaison ». Outre la version PC, une appli mobile devrait être disponible ce 18 novembre sur iOS, tandis qu’une version Android est attendue début 2015.

La startup évalue qu’il lui faudrait 270 commerçants pour atteindre le point d’équilibre. Elle mise essentiellement sur de la promotion via les réseaux sociaux et sera présente début décembre au salon Le Web, à Paris.

App and Web (déjà un peu connue dans le monde des startups pour son application gratuite Tuzzit) a levé 400.000 euros en 2013, auprès du fonds privé InvestSud (Benoît Coppée) et de divers « business angels » wallons. Elle est accompagnée par l’incubateur WSL à Liège. Le développement de la solution Teasio a été totalement financé dans le cadre d’une aide « fonds d’impulsion vert pour jeunes entreprises innovantes » de la Région wallonne. Son montant n’a pas été communiqué.